Les eaux souterraines constituent la principale ressource d'eau potable pour l'humanité, mais elles sont en permanence menacées par les rejets de substances polluantes. Le défi majeur pour le nettoyage de l'écosystème des nappes phréatiques réside donc dans les processus de biodégradation de ces polluants. Jusqu'à présent, les ressources en eau ont été abordées essentiellement selon des approches technico-hydrologiques et du point de vue d'une gestion durable de l'eau et certains autres aspects ont été moins pris en compte, bien que des micro-organismes soient impliqués dans presque tous les processus de traitement des polluants.
C'est la raison pour laquelle des spécialistes du domaine de la recherche et de la gestion des eaux souterraines vont être formés dans le cadre du nouveau programme de l'Union Européenne, intitulé "Goodwater Initial Training Water Network" (ITN). Grâce à un soutien consacré à ce programme, de jeunes professionnels seront initiés à des éléments de biologie appliquée aux processus liés aux nappes phréatiques, de façon à ce qu'ils puissent intégrer ces aspects dans leurs futures activités et développer une approche durable de gestion des eaux, que ce soit dans l'industrie ou dans d'autres institutions. Le Centre Helmholtz de Munich est, grâce son institut d'écologie des eaux souterraines, un des moteurs de ce projet.
Les polluants organiques, en raison de leur persistance, de leur toxicité et de leur rapidité de diffusion, constituent un danger de premier ordre pour l'environnement : la contamination des eaux souterraines par ces substances est un risque sérieux pour l'Homme. Même une très faible quantité de polluants organiques est suffisante pour rendre de grandes quantités d'eau inutilisables pour l'Homme. En Europe, plus de 750.000 sites sont recensés où les eaux souterraines sont souillées par des polluants organiques.
L'Europe manque actuellement de chercheurs et d'ingénieurs spécialistes de l'environnement qui pourraient mettre en oeuvre des compétences biologiques au service de la gestion durable des nappes phréatiques et de leur assainissement. Pour combattre cet état de fait, une nouvelle initiative est mise en place dans le but de promouvoir les jeunes chercheurs et d'établir un "marché européen de l'emploi pour les chercheurs".
Goodwater ITN est un consortium de sept organismes de recherche de trois pays membres de l'UE (Allemagne, Danemark, Belgique), dont le Centre Helmholtz de Munich. La durée du projet s'étend sur quatre ans, pour un montant de 3,6 millions d'euros. 15 doctorants (Early stage researcher) et post-doctorants (Experienced researcher) seront formés aux processus scientifiques innovants dans les domaines de la microbiologie, de l'hydrogéologie, de la chimie et des techniques liées aux isotopes stables.
Goodwater ITN mise sur une coopération étroite entre des experts universitaires européens de renom dans les différents domaines liés aux nappes phréatiques et des experts issus de l'industrie, ou des autorités et institutions concernées. Il propose aux participants un soutien individuel grâce à des formations ciblées, des workshops en réseau, des universités d'été et des programmes d'échanges entre laboratoires. L'intégration de partenaires industriels et institutionnels permet de compléter la formation par l'apport d'un aspect socio-économique.