Après trois années de recherches intensives, le projet de recherche européen "NanoBioSaccharides", impliquant des scientifiques de 7 pays différents et coordonné par l'Université de Münster, vient de se terminer avec succès. Le but du projet était de produire, à partir de chitine [1] extraite de carapaces de crabes, du chitosan [2] par des méthodes biologiques et chimiques. La Commission Européenne avait mis à disposition près de 2,5 millions d'euros pour ce projet.
Le chitosan est presque considéré comme un remède miracle. Il peut protéger des plantes contre des maladies ou encore peut servir à fabriquer des pansements aptes à soigner certaines blessures, même graves, sans laisser de cicatrices. Toutefois, dans certaines circonstances, le chitosan ne fait pas toujours effet, ce qui explique le fait qu'il ne soit pas encore utilisé dans les buts précédemment cités. "C'est d'autant plus dommage que le chitosan constitue une matière première idéale, en tant que substance naturelle pouvant être produite en grandes quantités à partir de déchets", ajoute le Prof. Moerschbacher de Münster.
Les chercheurs veulent comprendre le chitosan et ses interactions avec les tissus humains à l'échelle moléculaire. Dans le cadre de ce projet de recherche, les chercheurs ont, par exemple, étudié pourquoi le chitosan, une fois dissout dans l'eau, forme des nanoparticules et comment celles-ci sont absorbées par certaines cellules du corps. Ces nouvelles connaissances leur ont permis d'utiliser ces nanoparticules comme véhicules pour administrer, par exemple, de l'insuline directement via la muqueuse nasale, sans avoir besoin de recourir à une seringue.
Les scientifiques se sont également penchés sur les enzymes capables de décomposer le chitosan dans les tissus humains et sur les effets des fragments ainsi formés sur la cicatrisation. "Chez les nourrissons, le miracle a été observé plusieurs fois : sur des brûlures étendues du troisième degré, mortelles en fait, les pansements de chitosan ont permis non seulement la survie du bébé mais aussi sa guérison à terme sans cicatrices", ajoute Moerschbacher. "Grâce à ces nouveaux résultats, nous pourrons peut-être développer un produit efficace contre les brûlures qui pourrait être commercialisé en pharmacie".
Des entreprises ont également participé à ce projet qui vient de s'achever sur une conférence réunissant plus de 600 participants à Hyderabad en Inde. Pour Moerschbacher, "Les nouvelles idées soulevées lors de cette conférence pourront peut-être bientôt être mises en application dans le cadre du premier collège doctoral entre l'Inde et l'Allemagne, regroupant les universités de Münster et d'Hyderabad. Car tous les miracles du chitosan ne sont pas encore expliqués".