Une équipe de recherche menée par Félix Carrasco du département d'ingénierie chimique de l'Université de Gérone, a mis au point un pneu à partir d'algues vertes. Celles-ci substituent une partie de la silice amorphe utilisée dans la fabrication des pneus pour garantir leurs performances mécaniques et améliorer leur durabilité. Dans un pneu classique, il y a typiquement 60 g de silice pour 100 g de caoutchouc naturel (ou synthétique). Les chercheurs ont montré qu'il était possible d'arriver jusqu'à 20 g d'algues pour 100 g de caoutchouc sans altérer les performances mécaniques du pneu.
Le pneu a été testé dans les laboratoires Trellborg Wheell Systems de Tivoli en Italie et a été breveté par la société italienne Pirelli. Bien que le pneu remplisse tous les critères de sécurité, Pirelli n'a pas encore décidé sa commercialisation, la difficulté restant de convaincre les consommateurs de sa fiabilité et des avantages économiques et environnementaux. Les arguments en faveur de ce pneu ne manquent pourtant pas. Les algues sont une ressource naturelle contenant des polysaccharides pouvant remplacer en partie la silice amorphe. Les algues sont renouvelables et disponibles en grande quantité dans les mers à un coût dérisoire. De plus, aucune modification des installations de production existantes n'est requise. Après collecte, séchage et broyage des algues, la poudre obtenue (200 micro-m de diamètre) est ajoutée dans le processus de fabrication du caoutchouc. Les algues ayant un comportement plastifiant, le processus de mélange de tous les ingrédients est rendu plus facile et permet une économie d'énergie de 10%.
C'est donc au tour du consommateur de se décider !