Le système Ampacimon, développé à l'Université de Liège (ULg), est actuellement expérimenté sur le réseau électrique belge. Il a pour objectif d'optimiser l'utilisation des réseaux électriques existants. Le dispositif se place directement sur une ligne à haute tension et mesure en temps réel la réserve de puissance non exploitée qui circule dans les lignes électriques.
Il détermine à partir des conditions thermiques instantanées du câble le maximum de courant qui peut transiter dans une ligne à un moment donné. Lorsqu'une ligne à haute tension s'échauffe, elle se détend et se rapproche du sol. Pour des raisons de sécurité, elle ne peut descendre sous un certain seuil. Le seuil standard de sécurité a été calculé sur la base de conditions météorologiques extrêmes qui ne reflètent pas les conditions réelles. Cette réserve non exploitée est estimée à 20% de la puissance transitable dans les lignes électriques en Belgique.
Le dispositif électronique ne nécessite que quelques volts pour fonctionner alors que celui-ci est installé sur une ligne à 400.000 volts sur laquelle règnent des perturbations électromagnétiques. Son originalité est de mesurer directement en temps réel "la flèche" c'est-à-dire jusqu'à quel niveau le câble peut se rapprocher du sol. Cette mesure fournit une estimation à chaque instant du courant de réserve qui pourrait transiter en plus dans la ligne, si nécessaire. Les données obtenues peuvent ensuite être transmises au centre de surveillance national du réseau d'énergie électrique.
A partir des mesures du dispositif, le maintien en service de lignes jugées, à tort, surchargées dans la gestion actuelle permet d'optimiser l'utilisation des réseaux existants. Le gestionnaire du réseau électrique belge, Elia, s'est montré très intéressé, l'expérimentation sur le réseau belge a débuté en juillet 2008.
En plus d'une meilleure exploitation des lignes à haute tension, le système devrait être capable de reconstituer le mouvement d'un câble, avec une précision de l'ordre d'un centimètre. Cette donnée est nécessaire pour poser un diagnostic sur l'état du câble. Ampacimon devrait pouvoir prédire le délai avant la rupture du câble et permettre ainsi de prendre les dispositions nécessaires, comme installer des amortisseurs sur la ligne pour augmenter sa durée de vie. Il pourrait également éviter les phénomènes de coupure de courant massif dit "Black out".
Une spin-off de l'ULg, qui serait financée notamment par Elia, pourrait être créée pour une commercialisation mondiale d'Ampacimon. Pour conquérir ce marché, une association avec le groupe Siemens est d'ores et déjà envisagée.
L'idée d'Ampacimon (fusion de "ampacité" et "monitoring") a germé il y a cinq ans de la rencontre fructueuse entre deux équipes de chercheurs de l'Institut Montefiore de l'ULg : l'une autour du Professeur Jean-Louis Lilien, du service de transport et distribution d'énergie; l'autre autour du Professeur Jacques Destiné, du service électronique, microsystèmes, mesures et instrumentation.