Depuis cet été, les chercheurs de l'EMPA (Laboratoire fédéral d'Essai et de Recherche sur les Matériaux [1]) réalisent une expérience leur permettant de déterminer l'origine du CO2 présent dans l'atmosphère. Le dioxyde de carbone est émis en partie naturellement, par la respiration des animaux ou des végétaux, les incendies, les éruptions volcaniques, etc. et en partie par l'activité humaine : chauffage, transports, industrie, etc. Connaître la proportion de CO2 atmosphérique liée à l'activité humaine est indispensable pour évaluer la contribution de l'homme au réchauffement climatique.
L'EMPA a adapté un laser (développé par l'entreprise Alpes laser [2]) afin de réaliser un instrument de mesure robuste et aisément transportable, capable de fournir des informations en continu. Il identifie la provenance du dioxyde de carbone en analysant ses isotopes. En effet, selon son origine, leur composition est légèrement altérée. Lors de la photosynthèse, les organismes filtrent certains isotopes. Ceux-ci se retrouvent dans les énergies fossiles et dans le CO2 émis lors de leur combustion, qui sera différent du dioxyde de carbone émis par d'autres sources. Le laser de l'EMPA détermine donc la signature isotopique du CO2.
L'appareil est installé au Jungfraujoch, un col des Alpes à plus de 3000 m d'altitude. Une station scientifique y est installée depuis 1931. Les mesures effectuées sont représentatives de ce qui se passe à grande échelle : de par sa position centrale en Europe, la masse d'air analysée provient des grands courants aériens circulant sur le continent.
Les mesures sont traitées à distance et automatiquement. C'est la première fois que de telles analyses sont effectuées en continu (plusieurs mesures sont réalisées chaque minute).