Giuliano Bonoli, de l'IDHEAP (Institut de Hautes Etudes en Administration publique), a publié une étude mettant en évidence l'incidence de la politique sociale sur le taux de natalité. La natalité dépend de la possibilité pour les femmes de mener de front une vie de famille et une carrière. Les paramètres les plus déterminants sont donc : le montant des allocations familiales, la facilité à faire garder son enfant, la journée d'école, l'accès aux activités pour les enfants durant les vacances, la facilité de trouver des aides ménagères, etc.
Cette étude vient confirmer des analyses antérieures basées sur des comparaisons internationales. Elle consolide l'hypothèse selon laquelle la légère augmentation de la natalité observée depuis quelques années dans des pays nordiques ou en France serait liée à la mise en place de systèmes efficaces de garde d'enfants.
La Suisse est un terrain de choix pour étudier l'impact de la politique sociale sur la fertilité. Les conditions de vie sont similaires sur l'ensemble du territoire, mais la politique familiale varie énormément selon les cantons. Ainsi les aides mensuelles pour un enfant varient de 150 à 300 Francs suisses, le développement de services de garde d'enfants sont très inégaux. Il en résulte une grande variation du taux de natalité suivant les cantons, de 1,17 enfant par femme dans le Tessin (canton de langue italienne), à 1,71 dans l'Appenzel (canton catholique et rural de langue allemande).