Un rapport du BUND (Union d'Allemagne pour l'Environnement et la Protection de la Nature) [1] publié en décembre 2008 fait le point sur les avancées R&D (Recherche & Développement) des grands producteurs d'OGM (Organismes Génétiquement Modifiés). En effet, les six "géants" de l'agrochimie, Monsanto, BASF, Syngenta, Bayer, Dow et DuPont-Pioneer, promettent beaucoup sur les OGM : réduire la faim dans le monde, assurer de nouvelles sources d'énergie et tenir tête au réchauffement climatique. Mais où en sont véritablement leurs recherches ?
Une analyse des pipelines R&D, des rapports d'activité et des bases de données en libre accès montre que ce n'est pas sur les plantes dites "miracle" (susceptibles par exemple de résoudre la faim dans le monde) que la recherche se focalise, mais plutôt sur des plantes résistantes aux herbicides et pesticides, et ce depuis des années déjà. Certes, tous ces grands producteurs s'intéressent dans leurs recherches aussi à des plantes qui résistent à la sécheresse et/ou qui présentent un meilleur rendement, mais ces projets ne sont pas prioritaires et à un stade d'avancement qui ne permet pas encore de savoir si une commercialisation sera possible un jour.
Le rapport met en exergue le décalage entre, en premier plan, la communication intensive sur les promesses des OGM et, en arrière plan, le véritable effort de recherche déployé au niveau des plantes qui assurent le marché principal, à savoir la vente de produits agrochimiques. En effet, les six plus grands producteurs d'OGM sont à l'origine des entreprises de l'industrie agrochimique, dont la première source de revenus reste la vente de pesticides.