Des chercheurs de 4 universités se sont rassemblés pour créer un réseau d'experts sur les forêts du monde. Le but est de fournir à SIDA [1][2], l'agence suédoise pour le développement, des informations sur l'usage des forêts pour combattre à la fois la pauvreté et les changements climatiques.
La forêt est en effet un élément clé pour le développement économique et pour l'évolution du climat. Les statistiques de la Banque Mondiale montrent en effet que plus de 1,6 milliard d'êtres humains sont dépendants, totalement ou partiellement, des ressources forestières. De plus, 20 à 25% des émissions de gaz à effet de serre proviennent de la déforestation, notamment dans les régions tropicales. La forêt sera donc un des points abordés à la conférence des parties des Nations Unies à Copenhague en décembre 2009. Cette conférence devrait, rappelons-le, rédiger un projet d'accord international remplaçant le protocole de Kyoto. Les suédois ont donc l'intention de mettre à profit leur expérience et leurs connaissances dans la recherche sur la forêt pour préparer cette rencontre.
L'agence SIDA finance ce projet à hauteur de 4,2 millions de Couronnes suédoises, soit 420 mille Euros. L'agence a pour l'instant donné trois priorités à ce réseau : - le suivi et l'analyse des conditions dans lesquelles les REDD (Réduction des Emissions liées à la Déforestation et à la Dégradation des Forêts) pourraient réduire les émissions et profiter aux plus pauvres ; - le développement des critères qui déterminent une exploitation forestière durable, écologiquement et socio-économiquement ; - l'analyse des différentes méthodes existantes pour stocker le carbone dans les écosystèmes forestiers.
Le groupe directeur est composé d'experts de 4 universités (université de Gothenbourg et de Linköping, Université technologique Chalmers, Université suédoise des sciences agricoles[3]) et du groupe Initiative Forêt , financé par SIDA au sein de l'Association suédoise de sylviculture[4]. Le projet comporte aussi un groupe de référence, composé de représentants des chercheurs, de l'industrie, des associations et des administrations et agences concernées par la forêt, le climat, et le développement. Il permettra d'améliorer la communication entre ces différents acteurs.
[1] L'Agence suédoise de coopération internationale au développement, ou SIDA pour Swedish International Développement Agency, compte 900 agents, dont 155 en mission à l'étranger (chiffres 2007), et gère 1,5 milliard d'Euros, soit 53% du budget coopération de la Suède. L'Agence finance et développe des projets de coopération et de développement à l'étranger, mais elle conduit et finance aussi des recherches sur les thématiques utiles au développement. Des projets de coopération scientifique sont aussi mis en place pour soutenir les universités et centres de recherche de certains pays et leur permettre d'atteindre une autonomie dans le domaine du développement.