La plupart des gens considèrent le fameux "Dust Bowl" des années 1930 comme la pire sécheresse ayant jamais frappé l'Amérique du Nord. Toutefois, de nouvelles recherches utilisant des données dendrochronologiques montrent que les Prairies canadiennes ont connu antérieurement des sécheresses plus longues et plus graves. Plus particulièrement, l'étude révèle que la sécheresse la plus intense du sud de l'Alberta depuis 1 500 apr. J.-C. s'est produite au début des années 1700 et que la période de sécheresse la plus longue des 500 dernières années s'est produite entre 1850 et 1860.
Ces découvertes revêtent un grand intérêt et une grande importance parce qu'elles donnent une idée beaucoup plus claire des tendances à long terme touchant les sécheresses. Les anneaux de croissance des arbres présentent les changements climatiques passés dans une perspective géologique et nous enseignent que nos connaissances pratiques des sécheresses du passé sont peut-être insuffisantes. Nos projets pour l'avenir doivent tenir compte des sécheresses du passé parce que, comme le dit M. St. George, M. Scott St. George, dendrochronologiste à la Commission géologique du Canada (CGC) de Ressources naturelles Canada (RNCan) et chef de l'équipe du projet, "si c'est déjà arrivé, ça peut se reproduire".
Les effets de la sécheresse sur la croissance des arbres sont relativement simples. De faibles niveaux d'eau signifient habituellement moins d'humidité dans le sol et moins d'eau pour la végétation. En réaction à cette raréfaction de l'eau, les arbres produisent des anneaux étroits, et des changements dans la densité et la chimie de leur bois s'observent également. Comprendre la gravité, la durée et l'étendue des sécheresses passées aide autant le gouvernement que les organismes du secteur privé à améliorer la précision de leur planification et de leurs interventions en matière de gestion des risques. Dans le domaine crucial de la gestion de l'eau, les sociétés hydroélectriques, par exemple, peuvent utiliser ces renseignements afin de concevoir des réseaux aptes à fournir un minimum en énergie même dans les pires conditions de sécheresse.