Des scientifiques du département de Chimie de la Faculté de Sciences et Technologie de l'Université Nouvelle de Lisbonne ont mis au point un nouveau processus de fabrication de chitine purifiée à partir de glycérol. Ce processus innovant en cours de brevetage par la société 73 100 permet pour la première fois de produire de la chitine sans utiliser l'exosquelette des crustacés comme matière première. Les chercheurs ont eu recours à une levure classiquement utilisé en biotechnologie pour produire des protéines : Pichia pastoris qu'ils ont fait croître dans un milieu riche en glycérol pour augmenter sa vitesse de croissance. La paroi cellulaire de cette levure est très riche en chitine. 11% du poids sec des ses cellules est de la chitine impure. Après fermentation dans un milieu riche en glycérol, les parois cellulaires sont séparées par centrifugation et traitées chimiquement pour extraire la chitine purifiée.
La chitine (C8 H13 O5 N)n est l'un des principaux composant de l'exosquelette des arthropodes. On la retrouve également chez certains champignons où elle constitue un élément essentiel de la paroi latérale. La chitine purifiée a de nombreuses applications en cosmétique et en médecine (médicament anti-cholestérol, implants osseux...). Elle est également utilisée pour filtrer les eaux usées, dans les cristaux liquides pour écrans LCD ou encore dans les additifs alimentaires. Il s'agit d'un des polymères les plus résistants au monde. Actuellement, la production de chitine est dépendante des crustacés, une matière première saisonnière et sujette à restriction pour préserver la biodiversité. Le Portugal de fait n'a pas la capacité d'en produire à l'échelle industrielle avec la méthode classique. Le nouveau processus mis au point par les chercheurs portugais ouvre de nouvelles perspectives de production pour le Portugal. Le projet est financé par 73 100, une entreprise portugaise de recherche et développement en biotechnologie. Les premiers résultats sont prometteurs. Les scientifiques doivent maintenant optimiser la production à l'échelle du laboratoire pour pouvoir envisager le passage à l'échelle industrielle.