La recherche avance et permet d'élargir l'éventail des instruments de lutte contre la dégradation de l'environnement. La plupart de ces nouveaux outils sont des outils d'analyse permettant de dresser un état des lieux de telle ou telle région afin de savoir dans quelle direction doit s'orienter la gestion environnementale de ces milieux naturels. Récemment, trois instruments ont été mis en lumière pour leur efficacité et leur précision.
Le Light Detection and Rangig (LIDAR) est un radar mis au point par la multinationale norvégienne Blom. Blom est une entreprise pionnière en matière d'inventaires forestiers. Elle utilise cette nouvelle technologie depuis le début des années 90 et c'est en 2003 qu'elle commence à s'exporter. L'Espagne est le principal pays du sud profitant de son expertise.
Il s'agit d'une méthode de télédétection qui va permettre l'analyse des propriétés d'un laser renvoyé vers son émetteur [1]. Concrètement, le radar envoie depuis un avion des impulsions laser (jusqu'à 150000 par seconde) en direction des objets sources d'étude, impulsions qui sont ensuite renvoyées puis détectées grâce à un GPS. La région de Castille et Léon a récemment fait appel aux services de Blom afin d'obtenir l'information nécessaire à la gestion durable de ses forêts de pins. Le LIDAR donne un panorama complet des caractéristiques et des besoins de la végétation, comme le souligne Diego Causante, ingénieur forestier: "Avec LIDAR nous sommes capables de mesurer absolument tout: la hauteur et la densité de chaque arbre. Son âge et son diamètre, ce qui nous permet de savoir la quantité de CO2 qu'il pourra fixer tout au long de sa croissance. Il suffit d'appliquer un programme informatique dans lequel on introduit l'espèce et nous obtenons le volume de CO2 absorbé par chaque masse forestière". D'autres communautés autonomes, à l'image de l'Andalousie, ont d'ores et déjà misé sur cette technologie afin de moderniser la gestion de leurs territoires.
Le deuxième instrument innovant est à mettre au crédit d'une équipe de chercheurs de l'Université Polytechnique de Catalogne. Ces experts ont mis au point une méthodologie d'évaluation des impacts environnementaux liés à la construction de bâtiments, permettant ainsi dès la phase de planification du projet de prévoir l'intégration de procédés d'amélioration environnementale ou l'application de mesures préventives. Cette nouvelle méthodologie présente l'avantage d'évaluer les impacts de manière objective en se basant sur les informations contenues dans les documents de projets. Les chercheurs ont de cette façon classifié les indices environnementaux en 9 catégories: émissions atmosphériques, production de résidus, déchets, sol, ressources consommées, impacts locaux, impacts liés au transport, effets sur la diversité biologique, situations d'urgence. Ces neuf catégories ont ensuité été sous-divisées, les chercheurs identifiant au total 37 impacts environnementaux, associant à chacun d'entre eux un "indicateur environnemental". A titre d'exemple, la catégorie "émissions atmosphériques" comprend la concentration de gaz à effet de serre et l'émission de composés organiques volatils [2].
L'efficacité de ce nouvel instrument a été prouvée par sa mise en pratique lors de quatre projets de construction de nouveaux édifices. Les résultats sont largement encourageants, le coordinateur du Group of Construction Research and Innovation de l'Université Polytechnique de Catalogne arguant qu'il s'agit "d'un stimulant pour ces entreprises du secteur de la construction souhaitant adopter un système de gestion environnementale".
Enfin, les chercheurs de l'Université Polytechnique de Madrid apportent eux aussi leur contribution. Ils se sont concentrés sur l'observation de la superficie de notre planète à l'aide de satellites. Ce suivi est justifié par la constante menace d'incendies qui pèse sur les écosystèmes forestiers, particulèrement dans les pays méditerranéens. Les informations transmises par les satellites fournissent de nombreuses données de grand intérêt pour le contrôle de ces incendies. Il est possible de connaître la composition du sol, sa température, les types de végétation, la température de l'atmosphère ou encore le taux d'humidité.
Les administrations ainsi que tous les acteurs impliqués dans la défense des territoires forestiers pourront dorénavant disposer d'outils utils non seulement pour lutter contre les incendies, mais aussi pour l'actualisation des inventaires forestiers dans un but de conservation des espaces naturels.
- [1] http://fr.wikipedia.org - [2] Composés constitués de carbone et d'hydrogène se trouvant sous forme gazeuse dans l'atmosphère. - Université Polytechnique de Madrid - http://www2.upm.es - Group of Construction Research and Innovation - http://www.gric.upc.edu