Une équipe de scientifiques tchèques a découvert une nouvelle protéine, la ferritine 2, utilisée par les tiques pour la digestion du sang. C'est la première étape pour le développement d'un vaccin contre le parasite.
Des chercheurs de l'Université de Bohème du Sud [1] et de l'Institut de Parasitologie de Ceske Budejovice [2] ont récemment identifié la protéine utilisée par les tiques pour extraire le fer du sang lors de la digestion. Cette découverte dans le métabolisme du fer chez la tique pourrait permettre l'élaboration d'un vaccin. La ferritine 2 de la tique étant différente des protéines sécrétées dans le plasma des mammifères, la voie est ouverte pour le développement d'un vaccin la neutralisant sans effets secondaires. Cela permettrait une protection contre les tiques ainsi que la neutralisation de la transmission par ce parasite de nombreux pathogènes, explique un membre de l'équipe, Petr Kopacek.
La tique, bête noire de l'agriculture et de la santé publique tchèque
La République tchèque est l'un des pays où l'on peut observer chaque été une augmentation de la population de tiques, que l'on suppose liée au réchauffement climatique, d'après un travail d'une équipe conjointe CNRS/IRD/Université de la Méditerranée [3].
La tique est chaque été un problème pour les éleveurs tchèques qui voient leur bétail considérablement affaibli par ce parasite. L'Homme est également un hôte potentiel de la tique lors de son cycle de reproduction. C'est au moment de l'infestation que se transmettent notamment la Borreliose, ou maladie de Lyme, qui peut provoquer des déficiences cardiaques et neurologiques (4350 cas en 2008) ainsi que des encéphalites aux séquelles irrémédiables pour le cerveau (1028 cas en 2006).
Un vaccin en phase de test animal
Ondrej Hajdusek, directeur de recherche à Ceske Budejovice explique que le vaccin est en phase de test sur du bétail, des lapins et des cochons d'Inde. " Nous avons aussi envoyé la protéine au Mexique parce que les fermiers mexicains sont confrontés à de graves problèmes avec leur bétail, et nous aimerions pouvoir les aider ", ajoute ce scientifique. Les parasitologues tchèques espèrent avoir des premiers résultats concrets d'ici un à deux ans. Si ces résultats s'avérent positifs, ils envisagent alors d'appliquer le vaccin aussi à l'Homme.
BE République Tchèque numéro 8 (26/02/2009) - Ambassade de France en République Tchèque / ADIT - http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/57957.htm