La Chine, deuxième pays au monde par la consommation d'énergie, pourrait construire des ouvrages hydroélectriques sur le fleuve Yarlung Tsangpo (alias le Brahmapoutre) au Tibet. C'est ce qu'a déclaré Shu Yinbiao, Vice-président de la principale compagnie chinoise de distribution d'électricité (State grid corp. of China).
Une étude préalable a montré que le fleuve est susceptible de porter, sur une section de 150 km, plusieurs unités hydroélectriques produisant un total de 70 GW, soit environ 10% de la capacité nationale chinoise. Le Yarlung Tsangpo coule en moyenne au-dessus de 4.000 m dans la province autonome du Tibet, une des régions les plus pauvres de la Chine. Ces projets apporteraient aussi des emplois locaux et constitueraient un ferment de développement économique pour la région, selon ce qu'a déclaré à la chaîne internationale Bloomberg Niu Li, spécialiste de l'énergie au centre national d'information chinois. Il reconnaît cependant que ces projets auraient un impact environnemental.
Selon Li Xia, directeur de la Commission du Tibet, la province elle-même prévoit d'investir 21 milliards de Yuans dans 22 projets industriels (dont 10 miniers), qui rapporteraient ensemble un revenu annuel d'environ 18 milliards de Yuans et fourniraient du travail à plus de 15.000 personnes. Le Yarlung Tsangpo devient le Brahmapoutre après avoir franchi la frontière avec l'Inde, à l'Est du Tibet, et son cours s'oriente alors vers l'Ouest avant de se jeter dans le Gange.
Si le projet voit le jour, l'électricité produite servira, bien sûr, aux nouvelles entreprises du Tibet, mais aussi au centre de la Chine vers lequel il sera acheminé par des lignes à ultra-haute tension sur environ 3.000 km, selon Shu Yanbiao. Le gouverneur du Tibet, Qiangba Puncog, a affirmé récemment que l'économie tibétaine, qui a connu une croissance de 10,1% en 2008, devrait encore croître de 10% en 2009.