L'Union européenne souhaite interdire les lampes à incandescence. Leurs principaux remplaçants sont les lampes à basse énergie, mais qui contiennent du mercure, lui aussi en passe d'interdiction pour sa toxicité. Quelles seront donc les lampes du futur ? Une coopération suédo-japonaise vient de mettre au point une diode électroluminescente qui peut émettre de la lumière blanche, comparable à celle du jour. Elles seraient donc utilisables pour éclairer nos habitations.
Les diodes électroluminescentes (DEL) existent depuis longtemps et sont largement utilisées pour des phares de voiture ou pour des lampes de poche. Malheureusement, les diodes actuelles, à base de nitrure, produisent une lumière bleue d'apparence plutôt froide. Elles ne sont donc pas adaptées pour éclairer des pièces d'habitations.
Le groupe Semiconductor energy and environmental materials (Senmat) de l'université de Linköping (Suède) et un groupe de recherche de l'université Meijo (Japon) ont réussi à créer une DEL à base de carbure de silicium (SiC). En insérant des petites quantités d'azote, de bore et d'aluminium, ils sont parvenus à obtenir une lumière blanche, équivalente à la lumière du jour. En variant ces quantités, il leur a aussi été possible d'obtenir une lumière "jaune", c'est-à-dire équivalente à celle produite par les lampes à incandescence.
Si elles peuvent être commercialisées, ces lampes seront de très efficaces substituts aux technologies actuelles. Elles ont en effet un rendement entre 30 et 50 pour cent, là où les lampes à incandescence ne transforment en lumière que 5 pour cent de l'énergie utilisée. De même, la durée de vie de cette DEL atteint 300.000 heures, là où les lampes à basses énergies ne durent que 10.000 heures et les lampes à incandescence 1.000 heures.
L'utilisation du carbure de silicium dans les DEL n'est pas une nouveauté. De fait, la première DEL, produite en 1907, était déjà à base de ce matériau, mais le carbure de silicium de l'époque était de mauvaise qualité et le rendement des diodes était bas. Le succès de cette version est dû aux nouvelles techniques de production développées par l'équipe de Linköping depuis les années 90. Le carbure de silicium utilisé pour cette diode a été produit par le "processus de croissance par sublimation rapide" (Fast Sublimation Growth Process), à la fois efficace et écologique. Les chercheurs travaillent maintenant à adapter leur méthode pour la rendre applicable industriellement.