La Commission d'experts pour la recherche et l'innovation (EFI) a remis le 4 mars 2009 à la Chancelière Angela Merkel et à la Ministre fédérale de l'enseignement et de la recherche, Annette Schavan, son deuxième rapport d'évaluation sur la recherche, l'innovation et la puissance technologique de l'Allemagne.
Dans leur rapport, les experts soulignent explicitement l'importance de l'enseignement et de la recherche dans la lutte contre la crise économique et financière : "Avec les plans de relance, le gouvernement fédéral a pris des mesures importantes pour soutenir et revivifier la conjoncture". Selon Annette Schavan, le rapport met en évidence que la politique de la recherche allemande menée ces dernières années, avec la Stratégie high-tech, a posé les jalons essentiels pour une nouvelle croissance économique. Les scientifiques de la commission estiment que la politique a insisté là où il le fallait. "C'est justement en période de récession que l'enseignement, la recherche et l'innovation doivent avoir la priorité", écrivent-ils.
L'EFI salue tout particulièrement dans son rapport les investissements dans le domaine de la recherche sur la mobilité, les infrastructures d'enseignement et les PME innovantes. Toutefois, les moyens supplémentaires mis à disposition dans le cadre des plans de relance ne doivent pas être considérés comme inclus dans le Pacte pour l'enseignement supérieur ou l'Initiative d'excellence. Sur ce point, la ministre a rappelé que le gouvernement fédéral avait, ces dernières années, augmenté massivement les dépenses pour la recherche et le développement. Concrètement, il a porté les investissements annuels en recherche et développement de 9 milliards d'euros en 2005 à 12 milliards en 2009.
Le rapport de l'EFI pointe également du doigt le besoin d'actions à venir pour assurer la compétitivité du système d'innovation allemand. Le changement climatique, l'approvisionnement en énergie et la nécessité d'un passage rapide à une société durable représentent à la fois défis et chances. Pour les exploiter, l'Allemagne doit, selon les experts, s'assouplir concernant le droit de l'immigration pour les immigrants hautement qualifiés, se doter d'un système fiscal qui soutienne l'innovation, notamment par l'introduction d'un système de type crédit impôt-recherche, de plus d'autonomie pour les universités et les organismes de recherche extra-universitaires, de davantage d'initiatives pour le transfert de connaissances et de technologies et d'une extension des investissements dans l'enseignement.
Le rapport d'experts pour la recherche et l'innovation est l'occasion pour le gouvernement fédéral de se confronter aux jugements d'experts indépendants. De manière comparable aux rapports annuels du Conseil d'experts pour l'évaluation de l'évolution économique globale, le gouvernement fédéral dispose désormais avec l'EFI d'une structure de conseil politique scientifiquement fondé pour sa politique de recherche et d'innovation [1]. Annette Schavan a affirmé que le gouvernement fédéral allait maintenant examiner en détail le rapport et ses recommandations. Fin avril 2009, il prendra lui-même position de manière détaillée dans son rapport "recherche et innovation pour l'Allemagne".