La maladie d'Alzheimer représente aujourd'hui la forme la plus fréquente de démence. Généralement la maladie apparaît de façon sporadique, mais une petite proportion des cas est héréditaire. Elle est due à des mutations des gènes codant pour les précurseurs Aß des protéines APP, préséniline 1 ou préséniline 2, qui engendrent une augmentation d'agrégation et/ou production des précurseurs Aß. Ces mutations se transmettent de façon autosomale dominante. Un groupe de chercheurs de l'Institut Carlo Besta de Milan e de l'Institut Mario Negri, a mis en évidence dans une étude publiée dans la revue "Science", une nouvelle mutation de la protéine APP, transmise de façon autosomale récessive. La maladie se développe alors dans le cas où les deux allèles du gène présentent la mutation.
Pour étudier les mécanismes selon lesquels la mutation provoque l'émergence de la pathologie, les chercheurs ont utilisé des modèles cellulaires et des peptides Aß synthétiques avec ou sans la modification des acides aminés induite par la mutation génétique. L'incubation de la protéine Aß avec la séquence humaine normale a produit des fibrilles amyloïdes semblables à celles qui se déposent dans le cerveau des patients atteints d'Alzheimer. Le peptide muté était cependant beaucoup plus enclin à l'initiation de production de fibrilles amyloïdes par rapport au peptide normal.
Le résultat le plus significatif est advenu lorsque ont été incubés ensemble la forme normale et la forme mutée du peptide : aucune formation de plaques amyloïdes n'a été observée. Selon les chercheurs, cela indique que les personnes qui sont hétérozygotes concernant ces deux allèles ne développeront pas la maladie. Ces nouvelles données offrent donc la possibilité de développer de nouvelles stratégies thérapeutiques basées sur des peptides Aß modifiés.