Une étude dirigée par Paula Morais, microbiologiste de la Faculté de Science et Technologie de Coimbra (FCTUC) a permis d'identifier les bactéries existantes sur le pin maritime et de mieux comprendre leur interaction avec les nématodes. L'objectif est de définir une nouvelle approche pour prévenir et contrôler l'action des nématodes du pin maritime.
Le nématode du pin, Bursaphelenchus xylophilus, est responsable de la maladie du pin dont les premiers cas au Portugal ont été enregistrés en 1999 dans la péninsule de Setúbal et dans la région de Coimbra. Ce nématode est véhiculé par un coléoptère longicorne, Monochamus galloprovincialis. Il provoque un dépérissement généralisé des aiguilles qui jaunissent puis virent au brun en restant attachées aux branches.
La législation portugaise impose l'abattage immédiat des arbres infectés ainsi que la destruction du bois. L'équipe de Paula Morais travaille depuis maintenant quatre ans sur un projet ayant pour objectif premier le développement de nouvelles stratégies de diagnostic du nématode. Ils s'intéressent tout particulièrement au rôle des bactéries dans la maladie du pin. Cet axe de recherche est très récent. En dehors de quelques travaux en Chine, il n'existe actuellement aucune publication sur ce thème. Les chercheurs portugais ont utilisé une approche moléculaire pour étudier les bactéries présentes dans le pin maritime et leur effet sur le nématode. Ils ont ainsi réussi à isoler l'ADN bactérien présent à l'intérieur du nématode. Ils ont utilisé des échantillons de bois de la région de Setubal infectés avec Bursaphelenchus xylophilus qu'ils ont comparé avec des bois sains. Ils ont été surpris alors de constater la présence d'une infinité de bactéries (près de 10.000 par gramme de bois) et une grande diversité de microorganismes. La comparaison des bois leur a également permis de mettre en évidence d'importantes altérations dans les populations bactériennes du fait de la présence du nématode.
Les chercheurs de Coimbra essaient maintenant d'identifier le rôle, positif ou négatif, des bactéries sur le nématode afin de découvrir si certaines de ces nombreuses bactéries n'ont pas une action fondamentale dans le développement de la maladie. S'ils réussissent à identifier des bactéries nocives pour le nématode du pin, ils espèrent pouvoir à terme produire des molécules capables d'arrêter ou de freiner la maladie du pin.