Des chirurgiens urgentistes du CHU de Jena [1] ont mis au point un implant, ou clou interne, intelligent qui permet de rallonger les jambes trop courtes par un procédé invisible et sans douleur. L'os peut gagner jusqu'à huit centimètres en trois mois, grâce au fait que des mouvements quotidiens simples servent de moteur au mécanisme d'allongement de l'implant. Ce traitement est maintenant pris en charge par les caisses d'assurance maladie.
Savoir augmenter la longueur d'un os est un des grands défis des chirurgiens urgentistes et des orthopédistes. La différence de longueur des jambes peut atteindre 10 cm chez certains individus. Elle peut être due à une maladie (comme une tumeur de l'os), une malformation à la naissance ou bien à une fracture lors d 'un accident. Une différence de deux à trois centimètres suffit pour entraîner à long terme des problèmes au niveau de la colonne vertébrale, des hanches et des articulations, problèmes que des implants ou chaussures orthopédiques ne peuvent pas traiter de façon optimale.
Le procédé met à contribution la capacité naturelle de l'os à se régénérer. L'os trop court est coupé en deux parties qui sont progressivement écartées l'une de l'autre. Un nouveau tissu osseux est synthétisé par l'os dans l'interstice. Auparavant, il fallait utiliser un fixateur externe [2] pendant plusieurs mois. "Aujourd'hui, grâce à cet implant intelligent, nous pouvons obtenir un allongement de la jambe rapide et élégant" explique le Prof. Gunther Hofmann, Directeur de la clinique de chirurgie urgentiste, chirurgie de la main et chirurgie reconstructrice du CHU de Jena. Le mécanisme d'allongement de l'implant est alimenté par des mouvements quotidiens simples et permet de gagner un millimètre d'os par jour, soit sept centimètres en 70 jours. Le patient est mis à contribution pour le succès du traitement : il doit contrôler l'allongement quotidiennement à l'aide d'un appareil spécifique. Après environ deux ans, le nouvel os est stable et le clou peut être retiré.
Au CHU de Jena, ce clou interne est implanté environ 10 fois par an. La moitié des patients sont des accidentés. Le Prof. Hofmann espère que plus de patients pourront profiter de ce traitement en 2009, puisqu'il est désormais pris en charge par les caisses d'assurance maladie.