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BE République Tchèque 9  >>  20/04/2009

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Energie
La République Tchèque en manque d'experts pour construire de nouvelles centrales nucléaires

http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/58723.htm

La République tchèque risque de bientôt manquer d'ingénieurs spécialistes du secteur nucléaire, ce qui pourrait menacer l'achèvement de la centrale de Temelin, en Bohême du sud. Cette dernière, située à 60 km de la frontière autrichienne, possède deux unités en fonctionnement, contre les quatre prévues initialement. Le projet d'extension est vivement critiqué par les écologistes de la République tchèque ainsi que par les autorités autrichiennes. Aussi, sous la pression de ses alliés du Parti vert, le gouvernement tchèque a promis dans sa déclaration de politique générale de ne pas construire de nouvelles unités jusqu'à ce que son mandat expire, en 2010.

Toutefois, l'Europe est à la recherche de nouvelles sources d'énergie comme alternative au gaz russe et l'énergie nucléaire prend de l'importance, en dépit des critiques de l'opposition. Ainsi, lors d'un forum sur l'énergie, le Premier ministre Mirek Topolanek a récemment déclaré que l'énergie nucléaire "est l'alpha et l'oméga du futur, qu'on le veuille ou non" [1]. Dans ce contexte, Eva Novakova [2], porte-parole de la plus grande entreprise énergétique tchèque (CEZ), précise que la concurrence est très forte dans secteur de l'énergie nucléaire et que la recherche de spécialistes est devenue plus difficile.

Selon les informations du journal Mlada fronta Dnes [3], CEZ sélectionne son personnel avec précaution. Les candidats doivent être très compétents et ils doivent également passer des tests psychologiques. Dans ces conditions, le taux de réussite aux tests d'admission pour le poste d'opérateur de deuxième cercle (responsable de la production d'énergie des turbines) est au maximum de 10 pour cent. En contrepartie, ces employés sont confortablement payés.

Quoiqu'il en soit, ces propos font écho à ceux de Dana Drabova [4], présidente de l'autorité de l'Etat pour la sécurité nucléaire (SUJB), qui déclarait à la presse au début de l'année que "la question se pose de savoir si il y aura des gens pour construire la "nouvelle Temelin", et si la République tchèque aura assez d'employés pour garantir son fonctionnement." En effet, dans les années 1970, une vague de jeunes diplômés a permis construit la centrale nucléaire de Dukovany, en Moravie du sud, et ensuite de Temelin. Mais ces derniers partent dorénavant à la retraite, et ils n'ont pas assez de successeurs. Ales John, directeur de l'Institut de recherche nucléaire de Rez [5], près de Prague, précise ainsi que "nous avons un certain nombre de spécialistes de haut niveau à l'âge de la retraite et nous craignons qu'ils nous quittent sans avoir l'occasion de transmettre leurs connaissances et leur expérience à leurs successeurs".

L'institut emploie aujourd'hui environ 1000 personnes, dont 180 experts-retraités. Il permet d'organiser des projets de recherche en relation avec CEZ, Skoda JS, ou encore la société Elektrarne. Pour y parvenir, l'Institut est en constante recherche de spécialistes dans le domaine nucléaire : chimistes, techniciens, mécaniciens, ingénieurs et designers. Mais le contexte n'est pas favorable. Tout d'abord, il faut considérer que le salaire de départ est d'environ 25.000 Kc (mi avril 2009 : 1 euros = 26,5 Kc) par rapport à une moyenne nationale de 23 500 Kc l'an dernier. Selon Mr. John, "Avant qu'un diplômé ne commence à travailler de façon autonome, il faut prévoir au minimum cinq ans. Il peut ensuite gagner plus d'argent, mais il doit alors souvent rembourser des emprunts bancaires". Pour faire face à cette situation, l'Institut essaie d'employer des étudiants avant la fin de leurs études.

Par ailleurs, les études dans le domaine nucléaire sont plus exigeantes et dès lors moins attractives que pour d'autres secteurs. Ainsi, près de 30 pour cent des élèves quittent la Faculté des sciences nucléaires et de génie physique (FJFI) de l'Université technique de Prague (CVUT) durant la première année d'études. En conséquence, la branche spécialisée dans les réacteurs nucléaires ne forme que 7 diplômés par an, auxquels il faut ajouter 60 personnes provenant de secteurs connexes, comme la dosimétrie ou la physique radiologique. Et la situation est encore compliquée par le fait que l'on commence à étudier à l'université de plus en plus tard.

Enfin, les experts en partance pour l'étranger sont nombreux car de plus en plus de pays européens s'intéressent à l'énergie nucléaire, quoique sur ce point, comme le souligne Michal Benes [6], pro doyen de la FJFI, les investissements ont aidé à combler le fossé technologique entre la République Tchèque et l'Occident : "il y a dix ans, les gens partaient parce qu'ils ne pouvaient pas travailler avec les meilleurs technologies dans notre pays. Aujourd'hui, les investissements ont permis d'éliminer cette différence."

A l'heure actuelle, la situation est donc préoccupante, d'autant plus que selon Mr. John, la République tchèque ne peut pas compter sur le fait d'attirer des experts non-européens : la Chine et l'Inde construisent de nouvelles centrales atomiques, et le Vietnam considère aussi cette possibilité. Il précise également que "pour la République tchèque, ce n'est pas une habitude d'employer des étrangers pour des postes d'ingénieurs qualifiés".

L'Institut emploie seulement dix étrangers, slovaques compris.

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Pour en savoir plus, contacts :

- [1] http://redirectix.bulletins-electroniques.com/DNppQ
- [2] http://www.cez.cz/en/cez-group/media/contacts.html
- [3] http://www.idnes.cz/
- [4] http://www.sujb.cz/?c_id=106
- [5] http://www.nri.cz/eng/kontakt.html
- [6] http://tjn.fjfi.cvut.cz/~benes/mb_home.html

Code brève
ADIT :
58723

Source :

http://www.csa.ca/

Rédacteur :

Maxence Duault (maxence.duault@econ.muni.cz)

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Origine :

BE République Tchèque numéro 9 (20/04/2009) - Ambassade de France en République Tchèque / ADIT - http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/58723.htm
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