Dans un contexte d'attaques matérielles ("side channel attacks") qui se sont généralisées, la cryptologie, qui consiste à crypter un message afin de le rendre inintelligible à celui qui ne possède pas la clé de décodage, s'avère désormais incontournable dans la conception des systèmes numériques. Touchant les composants matériels où vont s'exécuter les logiciels, ces attaques sont d'autant plus dangereuses qu'elles permettent d'obtenir à moindre frais et avec un faible niveau de compétences les clefs des algorithmes de chiffrement comme ceux qu'utilisent les cartes à puce. D'où l'importance de la nouvelle technologie "STTL" (Secure Triple Track Logic) développée par le LIRMM (Laboratoire d'Informatique, de Robotique et de Microélectronique de Montpellier (CNRS/Université Montpellier 2). Elle permet en effet de réduire jusqu'à 95% les fuites d'informations des circuits intégrés par rapport à des circuits logiques classiques. Son secret ? Un temps de calcul constant et le maintient régulier de la consommation électrique du circuit.
Aujourd'hui, le LIRMM et PSI Electronics, une entreprise, installée dans la région d'Aix-en-Provence et spécialisée dans la conception de circuits et systèmes intégrés, travaillent en partenariat afin de transférer au plus vite vers l'industrie cette technologie. A partir de cette dernière, PSI Electronics a d'ores et déjà développé une première bibliothèque de composants qui devrait permettre une rapide validation à l'échelle industrielle. Précisons que ces travaux, développés initialement au sein du LIRMM, se poursuivent depuis maintenant deux ans dans le cadre de CALISSON (CAractérisation modéLIsation et Spécifications Sécuritaires de circuits prOtotypes iNtégrés). Financé par le ministère de l'Industrie et labellisé par le pôle de compétitivité mondial SCS (Solutions Communicantes Sécurisées), en juin 2006, ce projet associe, outre le LIRMM et PSI, STMicroelctronics, Gemalto, le fabricant de cartes bancaires, Atmel, le fabricant de circuits intégrés, ParisTech, l'Ecole des Mines de Saint-Etienne (ENSMSE) et le CEA.