Une semaine après la confirmation de ses premiers cas non importés de grippe A, le Japon est devenu le quatrième pays le plus touché par l'actuelle épidémie, baptisée ici "shingata influenza". A la date d'écriture de cette brève, le vendredi 22 mai, on compte 302 cas confirmés. Revenons sur l'évolution de la situation durant ce dernier mois.
Le 24 Avril dernier, l'OMS a confirmé officiellement la survenue d'une épidémie d'un nouveau type de grippe au Mexique. Le gouvernement japonais a alors rapidement pris des mesures destinées à éradiquer de façon radicale les infections importées. Ainsi, les voyageurs revenant d'un pays où la maladie est en circulation ont été systématiquement soumis à un questionnaire de santé avant la descente de l'avion ; les personnes présentant des symptômes suspects devaient subir des tests, les autres étant tenus de laisser un contact pour les dix jours suivants leur retour.
Ce système a permis de repérer les quatre premiers cas japonais confirmés, trois étudiants et un de leur professeur arrivés à l'aéroport de Narita en provenance du Canada le 08 Mai. Ces quatre patients ont été isolés et soignés avec succès par le Tamiflu, tandis que les voyageurs qui ont été en contact avec eux ont été mis en quarantaine pendant une semaine. La stratégie du Japon a d'abord semblé payante : aucun nouveau cas n'a été signalé jusqu'au 16 Mai, date à laquelle trois lycéens de Kobe, dans la préfecture d'Hyogo, ont été testé positifs au virus alors qu'ils n'avaient pas effectué de déplacements récents à l'étranger. Depuis, le nombre de cas avérés ne cesse d'augmenter. Ainsi, le 20 Mai, trois jours après être revenu de Kobe, un jeune homme est devenu le premier cas confirmé dans la préfecture de Shiga. Le lendemain, la préfecture de Kyoto a à son tour annoncé un premier cas.
L'infection n'a pas fait de morts au Japon et aucun cas sévère n'a été identifié. Les cas se concentrent principalement dans les deux préfectures voisines d'Osaka et de Hyogo situées au centre ouest du pays. Le virus affectant surtout des adolescents et des jeunes en bonne santé, les autorités ont procédé à la fermeture provisoire de plus de 4000 écoles et crèches dans les régions touchées par l'épidémie et ont suggéré de surseoir à toutes manifestations telles que festivals et autres rassemblements non essentiels. Le 20 mai deux cas ont été signalés pour la première fois dans la région de Tokyo (deux lycéennes revenues de New-York la veille).
Devant l'évolution de la situation, le gouvernement a décidé de changer de stratégie. Dorénavant, dans les régions où l'infection est déjà répandue, les patients présentant des symptômes légers seront soignés chez eux au lieu d'être hospitalisés. De plus, les autorités japonaises privilégient maintenant les mesures visant à freiner la progression de l'infection sur le territoire. Ainsi elles recommandent à la population de suivre des consignes d'hygiène simple, comme se laver les mains fréquemment et porter un masque. Elles ont également conseillé aux Japonais d'éviter les foules, par exemple en privilégiant le vélo aux transports en commun pour se rendre sur leur lieu de travail. Par ailleurs, une enquête épidémiologique est en cours pour déterminer l'origine de l'infection.