Une table ronde réunissant la Ministre fédérale de la recherche, Annette Schavan (CDU), la Ministre fédérale de l'agriculture, Ilse Aigner (CSU), ainsi qu'une trentaine de personnalités issues de la recherche, du secteur économique, des mondes associatif et ecclésiastique, a eu lieu à Berlin le 20 mai 2009. A cette occasion, les interlocuteurs présents ont pu débattre de l'utilisation du génie génétique en agronomie et de la manière dont ce domaine de recherche doit évoluer dans les prochaines années.
Cet évènement intervient peu de temps après la décision d'Ilse Aigner d'interdire en Allemagne la culture du maïs génétiquement modifié MON810 [1], une mesure fortement critiquée à l'époque par Annette Schavan, qui craignait des retombées néfastes sur la recherche allemande dans le domaine du génie génétique. Entre temps, la Ministre de l'agriculture a néanmoins réaffirmé son soutien aux biotechnologies génétiques en autorisant par exemple l'utilisation sur le territoire allemand d'une forme de pomme de terre génétiquement modifiée.
Sous l'impulsion de la Ministre fédérale de la recherche, la rencontre a donc rassemblé détracteurs et défenseurs des cultures génétiquement modifiées à une même table. "Cette table ronde marque le début d'un dialogue nécessaire sur le futur des technologies génétiques vertes", a affirmé Ilse Aigner. Cette dernière attendait de la réunion des avis certes partagés, mais argumentés sur le thème des organismes génétiquement modifiés (OGM), éloignés selon elle des prises de position qui se retrouvent souvent dans l'opinion publique et qui appartiennent plus au domaine du ressenti et à celui de l'émotionnel. Pour Annette Schavan, cette table ronde était l'occasion de rappeler que malgré l'interdiction du maïs MON810, les biotechnologies génétiques vertes ont encore leur place en Allemagne.
Les deux ministres se disent satisfaites de la rencontre qui, bien que n'ayant pas conduit à des résultats concrets, constitue pour elles la première étape d'un processus de dialogue entre supporteurs et adversaires des cultures génétiquement modifiées. Elles ont conjointement rappelé que la protection de l'homme et de l'environnement primait sur la loi du marché et sur les bénéfices. Dans un même temps, Schavan et Aigner se sont accordées sur le fait que "les biotechnologies modernes peuvent contribuer à l'économie d'énergie et de ressources ainsi qu'à la production de nourriture dans un monde à la démographie croissante". Les défenseurs des biotechnologies génétiques assurent que, dans le contexte actuel de changement climatique, les cultures génétiquement modifiées seraient plus à même de résister à des conditions climatiques extrêmes (sécheresse, froid, etc.).
Certaines personnes invitées notent néanmoins qu'il est dommage que proportionnellement peu de participants opposés à l'utilisation de cultures génétiquement modifiées aient été représentés lors de la table ronde du 20 mai 2009 à Berlin.
- "Grüne Gene: Dialog soll weitergehen", der Tagesspiegel - 22/05/2009 - "Pflanzen der Zukunft", die Süddeutsche Zeitung - 22/05/2009 - Dépêche idw, Communiqué de presse de la Société Helmholtz - 20/05/2009