La NEDO (New Energy and Industrial Technology Development Organization), organisme public de financement et de gestion de projets R&D, vient d'annoncer un programme sur 5 ans visant à développer des applications pour la technologie des cellules souches pluripotentes induites (iPs) humaines. Rappelons que ces cellules ont été découvertes en 2007 par le professeur Yamanaka de l'Université de Kyoto et ont pour caractéristiques d'être produites à partir de cellules somatiques adultes et capables de se différencier en divers types de tissus.
Le budget total du projet est de 5,5 milliards de yens soit plus de 40 millions d'euros*. En tout, une vingtaine d'organismes vont participer aux recherches. Parmi ceux-ci, on compte des universités, comme celles de Kyoto et de Keio ; des institutions de recherche publique, comme l'AIST (National Institute of Advanced Industrial Science and Technology) ; et des entreprises, comme le producteur de gaz industriels Taiyo Nippon Sanso ou la compagnie pharmaceutique Astellas.
Le programme s'articule selon trois axes majeurs :
- le développement de méthodes de productions sûres et efficaces. La méthode actuelle d'obtention des cellules iPs par l'introduction de facteurs de transcription dans des cellules somatiques via un vecteur présente plusieurs inconvénients. Ainsi, certains des facteurs de transcription indispensables à l'opération ont un caractère oncogène. De plus, les vecteurs utilisés sont souvent des rétrovirus, qui peuvent infecter les cellules avec leur propre matériel génétique. L'un des objectifs du projet est d'établir une méthode de production permettant d'éviter ces risques. Le programme inclut la recherche de nouveaux facteurs de transcription non oncogènes parmi les banques d'ADN des participants, l'utilisation d'un vecteur alternatif, le virus de Sendai, qui ne contamine pas l'ADN des cellules qu'il infecte, et l'utilisation de cellules semi-intactes, dont la paroi a été rendue perméable à certaines molécules.
- la mise en place de méthodes de tri et de contrôle de la qualité des cellules. Il s'agit de déterminer quels types de cellules iPs conviennent le mieux pour les différents usages possibles et de parvenir à une production aux propriétés homogènes. Le projet prévoit donc de comparer les propriétés de plus de 500 types de cellules iPs entre elles, ainsi qu'avec celles d'autres types de cellules souches Cette partie du programme inclut également l'industrialisation et l'automatisation du processus de production.
- l'établissement d'une méthode de criblage pour la recherche pharmaceutique. Le projet propose d'utiliser les cellules iPS pour produire du tissu cardiaque humain, sur lequel les laboratoires pharmaceutiques pourront tester des composés chimiques. L'objectif est de détecter d'éventuels effets secondaires, notamment l'incidence de troubles du rythme cardiaque, avant la phase de tests cliniques.