Une étude du Conseil Supérieur des Recherches Scientifiques (CSIC) [1] pourrait améliorer la thérapie et le diagnostic d'une forme rare et agressive de cancer lymphatique. Le travail d'un groupe travaillant sur le lymphome [2] pourrait fournir un système de diagnostic plus précis sur la variante sporadique du Lymphome de Burkitt. Cette tumeur très agressive et à croissance rapide, touche le système lymphatique principalement parmi la jeune population, et en l'absence de traitement, elle peut être mortelle.
C'est la revue Cancer Research [3] qui dévoile ces travaux concernant la recherche sur la protéine EF21 et d'éventuelles nouvelles thérapies plus spécifiques et moins toxiques que celles qui sont utilisées actuellement. L'étude est le fruit du travail de chercheurs et scientifiques de l'Institut de Recherche Biomédicale Alberto Sols, centre mixte du CSIC et de l'Université Autonome de Madrid, du Centre National de Recherches Oncologiques, et de l'Hôpital Gregorio Marañón de Madrid.
Le Lymphome ou Leucémie de Burkitt est une forme rare de cancer du système lymphatique (il fait partie des lymphomes dits non Hodgkin) fréquent chez les enfants et les jeunes, bien qu'il s'observe aussi occasionnellement chez les adultes. Sa variante endémique affecte principalement l'Afrique centrale et elle est l'une des pathologies les plus fréquentes parmi la population juvénile. Cependant, la variante sporadique de la maladie concerne entre 40 et 50% des lymphomes de type non Hodgkin dans les pays industrialisés.
Les chercheurs ont étudié cette deuxième forme de typologie de la maladie qui présente deux problématiques : d'une part, son diagnostic se base sur diverses approximations qui ne sont pas toujours fiables, et qui correspondent souvent à d'autres types de lymphomes. D'autre part, sa thérapie se base sur un traitement très agressif et intense de chimiothérapie. Le développement de thérapies moins toxiques dépend généralement de l'identification de protéines dont les fonctions se trouvent spécialement altérées dans les globules rouges. Pour cela, il faut connaître les mécanismes moléculaires impliqués dans la formation de chaque tumeur.
L'équipe de recherche a observé que l'un des membres activateurs de la famille des facteurs de transcription E2F, la E2F1, présente des niveaux de présence élevés dans les résultats de biopsies des patients atteints du Lymphome de Burkitt, en comparaison aux niveaux détectés dans les tissus non cancéreux. A partir de ce constat, le niveau de présence de la E2F1 similaire à celui présent dans les tissus non cancérigènes suffirait pour diagnostiquer la pathologie. D'autre part, des résultats indiquent que la réduction d'expression de cette protéine dans les cellules atteintes par le Lymphome de Burkitt sporadique empêche non seulement leur croissance et leur prolifération mais également leur capacité tumeurale.
Cette recherche propose donc une génération d'outils qui permettent de supprimer l'expression de la E2F1 chez les patients atteints par ce type de lymphome. Ces outils pourraient servir au développement de thérapies moins toxiques que celles qui sont actuellement employées pour le traitement de cette pathologie.