La société d'ingénierie liégeoise, Spacebel, a développé le centre de mission scientifique de Picard, le microsatellite de 150 kg dont la mission sera d'étudier l'activité solaire. Deux versions du centre de mission ont été réalisées successivement pour s'adapter aux contraintes d'intégration du satellite. Spacebel vient d'effectuer avec succès la livraison et l'installation de la version finale à l'observatoire du plateau d'Uccle où seront traitées les données scientifiques enregistrées par le satellite. En attendant le lancement de Picard à partir de la Russie, le 30 novembre prochain, le centre de mission est utilisé pour tester l'ensemble du système (satellite, centre de contrôle et centre de mission).
Le centre de mission scientifique Picard remplit diverses fonctions essentielles. Il assurera la programmation de la charge utile, c'est-à-dire des instruments scientifiques montés à bord du satellite, et vérifiera en même temps l'état de santé de ceux-ci. En outre, il centralisera toutes les demandes d'acquisition d'images, recevra, traitera et archivera les données collectées par les instruments et mettra celles-ci à disposition des laboratoires scientifiques.
"Picard" concerne une mission scientifique d'observation du Soleil qui s'inscrit dans la filière Myriade du Centre National d'Etudes Spatiales (CNES), l'agence spatiale française. Son objectif est double : d'une part, approfondir la connaissance du fonctionnement et la structure physique de l'astre et, d'autre part, mieux comprendre l'influence de l'activité solaire sur le climat terrestre. Nommé en hommage à l'astronome français Jean Picard (1620-1682), qui a effectué les premières mesures de précision du diamètre solaire au XVIIe siècle, Picard aura une durée de vie en orbite de 3 ans minimum. Une équipe de 3 ingénieurs a travaillé pendant 2 ans sur ce projet, ce qui représente un chiffre d'affaires de l'ordre de 1,1 million d'euros. Basée au Liège Science Park à Angleur, l'entreprise a été créée en 1988 dans le contexte de l'intégration économique et politique de l'Europe et le rôle dynamique de la Belgique dans la recherche spatiale.
En contribuant au succès de nombreux programmes initiés par l'Agence Spatiale Européenne, Spacebel s'est forgé un nom dans le domaine spatial. Ses systèmes informatiques "sur mesure" et de haute performance équipent des plates-formes satellites et instruments embarqués, des infrastructures au sol de réception, traitement et dissémination de données enregistrées à bord des satellites, des bancs de test et produits associés (simulateurs et émulateurs) et des réseaux de communication par satellite.
Avec la reprise de la société Da Vinci en 1998, Spacebel a étendu ses activités à la valorisation des images prises par les satellites d'observation de la Terre. Elle conçoit et commercialise des systèmes de support à la prise de décision pour la gestion du territoire, de l'environnement, des ressources naturelles, des catastrophes.