Des scientifiques de l'Université de Mons [1] travaillent dans le cadre du projet "Opti2mat" sur de nouveaux revêtements organiques intelligents équipés de capteurs sensoriels. L'objectif est d'améliorer la protection des métaux contre la corrosion en concevant un revêtement métallique capable de se cicatriser automatiquement et d'avertir l'opérateur grâce à des capteurs sensoriels lorsqu'une anomalie est détectée en surface. Les chercheurs réfléchissent à d'autres supports que l'acier ou l'aluminium pour les enduire de revêtements intelligents ou les truffer de capteurs innovants : polymère, verre ou encore céramique.
Ces technologies encore en cours de développement laissent entrevoir de nombreuses applications notamment dans les secteurs de l'automobile et de l'aéronautique, mais aussi pour la fabrication de pipelines et d'appareils électroménagers. Des applications médicales sont même entrevues : utilisation de ces fibres optiques intelligentes, pour les glisser dans des zones du corps humain difficiles d'accès. De plus, le procédé de polymérisation plasma utilisé pour déposer le film protecteur et intelligent sur les métaux, dont le principe est proche de celui utilisé pour les écrans de télévision, est nettement moins polluant que les procédés industriels existants de dépôt. Le nouveau procédé ne provoquerait pas d'émission de solvant et d'effluents liquides.
Le projet a reçu le soutien de deux industriels de poids dans la région : Arcelor Mittal et Sonaca qui y voient un intérêt tout particulier : - Pour Arcelor, il s'agit du volet anticorrosion. "Notre rôle sera effectivement de guider les recherches vers de nouveaux produits plus performants et moins polluants. La seule façon de maintenir l'acier en Wallonie est de faire du haut de gamme", déclare Philippe Harlet, le chef du département "nouvelles technologies de déposition" chez Arcelor Mittal à Liège. - Pour Sonaca, l'intérêt se situe au niveau environnemental. "Pour l'instant, les alliages aluminium utilisés dans le secteur aéronautique les plus résistants nécessitent des traitements chromatés très polluants et hautement toxiques. Nous sommes donc très intéressés par ces travaux scientifiques qui nous permettraient de réduire les émissions, les solvants et de rencontrer les exigences des cahiers des charges du secteur aérospatial", espère Gilles Vandewalle, ingénieur en traitement de surfaces chez Sonaca.
Le programme Opti2mat réunit différentes compétences et bénéficie de moyens financiers et humains importants : douze millions d'euros pour la durée du projet dont la moitié est mobilisée par la région wallonne et six doctorants à plein temps. Une quarantaine de chercheurs issus de six laboratoires de l'Université de Mons et du centre de recherche Materia Nova participe au projet. Les objectifs à court terme sont de déposer rapidement les premiers brevets et de créer une spin-off.
Crée en 2000, Materia Nova est un centre de recherche appliquée basé à Mons qui a pour vocation de commercialiser les capteurs intelligents auprès de sociétés comme Air Liquide ou Fluxys (pour la surveillance de leur réseau).
[1] L'université de Mons est née de l'association de l'Université de Mons-Hainaut et de la Faculté Polytechnique de Mons, elle consolide le pôle universitaire montois qui, dès la rentrée 2009-2010, prendra place dans le nouveau paysage universitaire de la Communauté française de Belgique.