Suite à la popularisation en Chine dans les années 70 du riz super hybride de Yuan Longping, les avantages qu'il procure en production agricole ont permis de résoudre en partie les problèmes alimentaires du pays. Cependant, la base héréditaire et le mécanisme moléculaire du riz super hybride n'ont pas encore été décrits.
Les travaux de Zhu Lihuang du laboratoire clé de génomique des plantes, Zhu Zhen, du centre national pour la recherche sur les gènes des plantes, Yu Jun du laboratoire clé des sciences du génome et de l'information et Yuan Longping du centre national de recherche et développement du riz hybride ont toutefois levé une partie du voile sur la lignée super-hybride LYP9 et ses parents lors d'une publication dans les comptes-rendus de l'académie américaine des sciences (PNAS) relative aux profils de transcriptome (ensemble des ARN messagers) des feuilles et des épis de la lignée super-hybride LYP9 et de ses parents, les cultivars 93-11 et PA64s.
Les résultats ont montré que les profils de transcriptome de l'hybride F1 ressemblent davantage à ceux de ses lignées parentales qu'à ce que serait un intermédiaire entre elles. Du pool de gènes examinés, 7078 s'expriment de la même façon dans les 3 lignées et 3926 (soit 10,6%) sont à expression différenciée (DG). Les chercheurs ont ensuite réparti ces DG entre ceux dont l'expression est différenciée entre les parents (DGPP) et ceux dont l'expression est différenciée entre les parents d'une part et la F1 de l'autre (DGHP). Les résultats montrent un enrichissement de l'hybride F1 en gènes du métabolisme énergétiquede type DGHP.
D'après la revue Cell, "ces résultats fournissent un point de départ pour la consolidation des bases de sélection de l'une des plus importantes cultures alimentaires au monde", particulièrement en biologie moléculaire et en génétique.