Le célèbre agronome Yuan Longping, membre de l'académie chinoise d'ingénierie, aura bientôt 80 ans et les Chinois commencent à préparer une série d'événements à cette occasion. Yuan s'est rendu célèbre par les variétés de riz hybride qu'il a mises au point pendant la révolution culturelle, qui ont permis à la Chine de sortir du risque de famine. Yuan Longping a été lauréat en 2004 du prix Wolf en agriculture, une des plus hautes récompenses mondiales du domaine (le seul titulaire français de ce prix est Charles Thibault qui l'a obtenu en 1988) et du prix mondial de l'almentation.
A l'époque de la révolution culturelle, l'ensemble des intellectuels chinois, notamment les universitaires, avaient été "envoyés aux champs", ce qui avait quasiment interrompu toute activité de recherche pendant plusieurs années. Quasiment, car Yuan Longping, lui, n'avait pas pu être envoyé aux champs puisqu'il y était déjà. Il fait partie des quelques universitaires qui n'ont pas été inquiétés et qui ont continué leurs recherches sans faire de bruit tout en participant aux travaux manuels sur les parcelles expérimentales afin de ne pas se faire remarquer. Par hybridation interspécifique, il a obtenu des variétés nouvelles améliorant spectaculairement les rendements. Les recherches continuent encore dans ce sens à ce jour avec la recherche de riz "super hybrides".
Lorsque la révolution culturelle a pris fin et que les universités ont repris leurs travaux, plusieurs années ont été nécessaires pour retrouver un fonctionnement à peu près normal, et plusieurs générations manquent de diplômés, ce qui a rendu la reprise des recherches chaotique jusqu'au début des années 2000. En revanche, Yuan Longping a pu publier rapidement dès la reprise et, compte tenu du caractère stratégique de ses travaux pour la sécurité des approvisionnements alimentaires chinois, il a rapidement acquis une très grande renommée, en Chine d'abord, dans les pays asiatiques ensuite et enfin en Afrique, où ses variétés sont actuellement diffusées. A la fin du XX° siècle, il a fondé une entreprise semencière qui porte son prénom (Longping HT), entreprise dans laquelle le groupe français Limagrain a aujourd'hui une forte participation.
En l'honneur de cet agronome exceptionnel, le champ et les locaux universitaires où il a travaillé (dans la province du Hunan) pour développer le riz hybride vont être élevés au rang de patrimoine culturel national par les autorités chinoises, qui projettent de transformer les locaux en un centre international destiné aux formations sur la culture du riz hybride.