Le rendement moyen actuel de la sole de riz chinoise (légèrement inférieure à 30 millions d'ha) est de 420 kg par mu (soit 63 q/ha), inférieur de 0,5% à celui du Japon. Les variétés hybrides ne sont utilisées que sur 16,7 millions d'ha (essentiellement dans le sud), mais avec un rendement moyen de 72 q/ha. Le riz "super hybride" occupe 2,3 millions d'ha (soit plus que la sole japonaise) avec un rendement moyen de 82,5 q/ha.
On peut espérer faire progresser la part occupée par les variétés hybrides ou super hybrides dans la mesure où l'on saura mettre au point des variétés hybrides résistantes au froid afin de les faire utiliser dans le nord du pays. Quant aux rendements, les Chinois ont planifié d'atteindre avec les super hybrides 150q/ha et Yuan Longping précise qu'en améliorant l'utilisation du rayonnement solaire par les plantes (actuellement de l'ordre de 5%), il est imaginable de porter des rendements visés à plus de 200 q/ha dans les zones bien ensoleillées comme Changsha (province du Hunan dans le centre de la Chine). Yuan compte bien voir ce résultat atteint pour ses 90 ans (donc en 2020).
A la question de savoir si l'utilisation des variétés de riz transgéniques n'est pas une nécessité devant la diminution de la surface totale des terres labourables, Yuan répond qu'il faut d'abord lutter pour sauvegarder la première "ligne rouge" des 1,8 milliards de mu (120 millions d'ha) cultivables, et la deuxième "ligne rouge" de 1,58 milliard de mu (105 millions d'ha) pour les semis de grains (céréales + graines et tubercules alimentaires) ; il faut en second lieu préserver une politique agricole préférentielle (qui encourage les efforts vers l'autosuffisance chinoise et assure des stocks de sécurité) ; troisièmement il faut améliorer les connaissances scientifiques, et les techniques transgéniques peuvent avoir un certain intérêt. Yuan ajoute qu'un jeune chercheur de son équipe travaille à Cornell à l'étude de certains gènes intéressants des espèces sauvages de riz susceptibles d'améliorer encore les rendements. Il pense toutefois que le gouvernement doit rester prudent dans les autorisations de mise sur le marché de variétés GM : les scientifiques ne peuvent pas garantir à l'avance l'innocuité pour l'environnement des plantes GM en cours d'étude ; malgré les expérimentations très complètes qui ont été faites, on n'a pas de visibilité sur les impacts à l'échelle d'une génération humaine ou deux.