Le professeur Zhang Shuyi de l'Ecole de Sciences de la Vie de l'Université Normale de Chine de l'Est, en collaboration avec des scientifiques britanniques et irlandais, a proposé un nouveau concept pour interpréter l'évolution de la vision des chauves-souris, remettant ainsi en cause la théorie classique selon laquelle un mauvais environnement lumineux contribue à la détérioration des capacités visuelles. Les résultats ont été publiés le 26 mai dans les compte-rendus de l'Académie américaine des Sciences.
Les chercheurs ont constaté que la majorité des chauves-souris ont gardé une vision en couleur, à la fois pour les ultraviolets et les couleurs rouges, comme la plupart des mammifères, bien que les chauves-souris aient une vie nocturne depuis 52 millions d'années. En outre, qu'elles possèdent des fonctions d'écholocation ou pas, leurs fonctions visuelles sont pratiquement identiques.
Les chercheurs ont eu pour la première fois accès aux gènes pour leur étude, ainsi qu'aux algorithmes pour reconstruire les gènes de l'opsine. Sur la base de cette nouvelle approche, ils ont pu en tirer l'interprétation suivante liée à la perte de certaines fonctions visuelles : les chauves-souris non pourvues d'écholocation vivaient initialement dans les arbres. Au cours de l'évolution, certains de leurs habitats sont devenus des grottes sombres, ce qui a conduit à la perte de certaines de leurs fonctions visuelles. Toutefois, pour les chauves-souris pourvues d'écholocation, cette dernière capacité leur a permis de compenser la perte de leurs fonctions visuelles. Pour s'adapter à l'environnement, la dégradation d'un capteur est compensée de manière automatique par l'amélioration d'autres capteurs. Ce mécanisme compensatoire d'évolution constitue une orientation importante pour l'étude des systèmes sensoriels des animaux et leur vie nocturne.