Publiés dans la revue Blood, les résultats de l'essai clinique sur des patients atteints de cancer montrent que la ribavirine - un antiviral notamment utilisé pour traiter l'hépatite C et le VIH - serait efficace dans le traitement de 30% des cancers. Dirigés par Katherine Borden de l'Institut de recherche en immunologie et cancérologie (IRIC) de l'Université de Montréal et Sarit Assouline du Centre du cancer Segal de l'Hôpital général juif de l'Université McGill, l'équipe de chercheurs a testé l'effet de la ribavine sur un gène dérégulé dans 30% des cancers : le gène eIF4E.
"Les résultats que nous avons obtenus sont les premiers à montrer que le ciblage du gène eIF4E chez l'humain procure des bienfaits cliniques, explique le docteur Borden. Nous avons non seulement démontré que la ribavirine bloque l'activité du gène eIF4E, mais aussi constaté qu'elle n'avait aucun effet indésirable chez les patients." Les essais cliniques ont été réalisés sur 13 personnes atteintes de leucémie myéloïde aiguë M4 et M5 ayant déjà reçu plusieurs traitements qui n'avaient pas fonctionné. "Nous avons observé un degré spectaculaire d'amélioration de l'état des patients, y compris des rémissions partielles et complètes", souligne le docteur Assouline.
Les chercheurs travaillent maintenant sur la résistance à la ribavirine qui pourrait survenir avec le temps. "Notre principale défi sera de trouver la bonne combinaison de médicaments pour obtenir des rémissions plus complètes" explique Katherine Borden. Les recherches et les essais cliniques sont également poursuivis pour voir l'efficacité de l'antiviral sur d'autres types de cancers.