Lancée en décembre 2007 par le gouvernement suédois et financée par le Ministère suédois des affaires étrangères, le travail de la CCCD (Commission sur les Changements Climatiques et le Développement) reposait sur quatre objectifs : - Identifier et analyser les déterminants de l'engagement des pays pauvres dans une politique de réduction des risques climatiques compatible avec leur développement ; - Discuter de la meilleure façon de combiner un travail à long terme sur l'atténuation du changement climatique avec la nécessité immédiate de l'appui des mesures d'adaptation dans les PVD (Pays en Voie de Développement) ; - Identifier des lignes directrices pour la coopération internationale au développement dans les domaines de l'adaptation et de la réduction des risques climatiques, en tenant compte des perspectives locales et nationales dans les PVD ; - Elaborer des propositions méthodologiques visant à mieux intégrer la composante climat dans la coopération pour le développement.
Dirigée par Gunilla Carlsson, ministre en charge de la coopération internationale au développement, elle a rassemblé 13 experts renommés, dont Wangari Maathai et Nanna Hvidt (DIIS, DK). La CCCD a fait le choix de travailler sur trois pays vulnérables : le Cambodge, avec le delta du Mékong ; le Mali, appartenant à une zone climatique semi-aride ; la Bolivie, un pays de haute altitude à la géographie complexe. Le 14 mai dernier au siège des Nations Unies, puis à Bruxelles, le 19 mai et à Stockholm, le 2 juin, ses principales conclusions ont été les suivantes : - La Commission a appelé les pays donateurs à honorer les engagements pris au titre de l'aide publique au développement (APD). L'APD est nécessaire pour répondre notamment aux besoins immédiats découlant de l'adaptation. Des mécanismes "additionnels" devront être mis en place pour dépasser l'engagement de 0,7% du PIB ; - L'allocation des ressources doit être adaptée à la vulnérabilité des pays récipiendaires aux changements climatiques et financer les principales priorités des programmes nationaux d'action pour l'adaptation aux changements climatiques ; - Le délai de mise au point de nouveaux mécanismes pouvant retarder des actions essentielles, une approche en deux étapes est recommandée pour mobiliser les financements "nouveaux et additionnels" qui seront affectés à l'adaptation dans les PVD. Une première étape consisterait à mobiliser de 1 à 2 milliards de dollars pour venir en aide aux pays les plus vulnérables à faible revenu qui souffrent déjà des impacts du changement climatique. - Le niveau minimal estimé des besoins correspond à un financement de 5 à 15 milliards de dollars additionnels par an.