La Terre réfléchit la lumière solaire qu'elle reçoit sur la face non éclairée de la lune; on appelle ce phénomène clair de Terre. On peut ainsi mesurer la brillance de la Terre, à partir de la Terre. Le clair de Terre fournit une image de la Terre analogue aux observations de planètes extrasolaires conduites depuis notre planète.
A partir de l'analyse des variations photométriques de l'illumination de la lune -ou lumière cendrée- des astrophysiciens australiens de l'Université de Melbourne, américain et japonais ont mesuré les effets respectifs des masses continentales et des océans sur la brillance apparente de la Terre. Afin de détecter des différences entre les signaux provenant des continents et des océans, des observations de la réflexion de la Terre été réalisées à l'aide d'un télescope Schmidt-Cassegrain. Les variations de la réflectivité de la Terre dans le temps ont été mesurées le long de transverses ouest-est qui interceptent la côte continentale entre l'Afrique et l'Océan Indien à différentes latitudes, c'est à dire centrées sur la transition entre des terres émergées et les eaux océaniques. A titre de comparaison, la réflexion spéculaire de l'Océan Pacifique Sud a aussi été mesurée.
L'analyse des données a révélé les effets de la réflexion spéculaire des masses océaniques sur la lumière totale et a permis d'expliquer les variations observées. Ces variations s'accompagnent d'un déplacement du spectre vers le rouge.
La réflexion spéculaire pourrait s'avérer être un outil particulièrement utile pour détecter la présence d'eau liquide sur des planètes extrasolaires qui indiquerait des conditions atmosphériques proches de celles de la Terre.