La revue Science a publié en mai dernier les conclusions du travail d' équipes hongroises et américaines sur le rôle du complexe KC. Ce consortium de chercheurs a étudié cette onde cérébrale dont l'amplitude est l'une des plus grandes mesurables. Découvert en 1937, le KC a fait l'objet de nombreuses hypothèses quant à son rôle durant le sommeil.
Cette étude a pu être réalisée grâce aux procédés microphysiologiques de la répartition spatiale et temporelle des générateursde KC dans le cortex cérébral de patients atteints d'épilepsie. Les KC s'étendent ainsi sur de grandes surfaces du cortex et se propagent sur les épines dendritiques du cortex supérieur. De plus en présence de KC, l'activité de certains neurones est considérablement réduite, amenant les sujets à un état très similaire du "down-state" déjà constaté chez les sujets animaux. Durant ces périodes, certaines zones du cortex sont "déconnectées" induisant ainsi une sorte de "panne de courant" cérébrale.
Puisque le KC peut-être induit par des excitations sonores fortuites, les chercheurs pensent qu'il joue un rôle déterminant dans la sauvegarde du sommeil. Cette étude fait donc le lien entre un phénomène facilement observable dans l'électroencéphalogramme du sujet sein et les résultats déjà observés chez les animaux par l'analyse des courants membranaires neuronaux. Un autre intérêt de l'étude réside dans le fait que ces résultats permettraient l'interprétation des phénomènes de l'électroencéphalogramme du sujet endormi dans des modèles neurologiques généraux.
Pour plus d' informations : The human K-complex represents an isolated cortical down-state. Cash SS, Halgren E, Dehghani N, Rossetti AO, Thesen T, Wang C, Devinsky O, Kuzniecky R, Doyle W, Madsen JR, Bromfield E, Er?ss L, Halász P, Karmos G, Csercsa R, Wittner L, Ulbert I. Science. 2009;324(5930):1084-7.