Deux scientifiques hongrois ont publié dans la revue Nature Medicine leurs conclusions sur les gènes à l'origine de la schizophrénie.
La schizophrénie est une maladie mentale grave sur laquelle des caractéristiques aussi bien génétiques qu'environnementales peuvent avoir une influence. Au cours des dix dernières années, les chercheurs ont identifié plusieurs gènes impliqués dans l'origine de cette maladie comme la protéine RGS4 contrôlant la signalisation des protéines G.
L'Institut National de Santé Mentale américain a mis en évidence un nouvel élément de l'ensemble des gènes mis en cause: le gène modifié KCNH2, décrit dans la revue Nature Medicine 15, 509-518, 2009. Les auteurs du commentaire, Károly Mirnics et Szatmár Horváth ont souligné le caractère complexe du développement de la pathologie. Après avoir résumé les conclusions de leur article précédent (Nature Medicine 15, 488-490, 2009), ils dressent la liste des éléments pathologiques qui doivent être analysés afin de comprendre comment le patient passe du dérèglement génétique au développement de la pathologie.
Les analyses effectuées jusqu'à maintenant n'ont d'une part jamais permis de mettre en évidence de manière irréfutable l'influence du génome dans le développement de la pathologie et encore moins d'en prévoir le déroulement. Les analyses post mortem dépendent de trop de paramètres et ne permettent pas de mettre en place des modèles empiriques. De plus, les modèles obtenus à partir de sujets animaux ne permettent eux non plus de mettre en évidence l'effet réciproque entre la prédisposition génétique et l'influence de l'environnement. Les chercheurs en ont donc conclu qu'afin de bien comprendre ces mécanismes, il était nécessaire de mettre en place une approche multidisciplinaire qui permettrait de fédérer les résultats de différentes analyses issues de différentes branches de la médecine. Ils considèrent que c'est uniquement par cette voie que sera possible le développement de nouvelles thérapies révolutionnaires qui changeraient totalement le traitement de la maladie.
Leur laboratoire implanté aux Etats-Unis coopère avec de nombreux laboratoires hongrois de l' Université de Szeged (Zoltán Janka) et de l'Université Semmelweis (Gábor Faludi) sous la direction de M. Mirnics, membre correspondant le l'Académie des Sciences.