Quatre ans après que le conseil scientifique du Premier Ministre recommande la création d'un organisme chargé du financement de la recherche et de l'ingénierie de façon autonome et transversale, sur le modèle de la National Science Foundation américaine, la création du SERB vient d'être officialisée par un vote parlementaire (décembre 2008). Le Plan "Science et de Recherche" adopté en 2003 avait pris note de cette recommandation. Mais celle-ci n'avait pas créé de débat sur le besoin d'un tel organe parmi la communauté scientifique.
Le SERC (Science and Engineering Research Council) n'est plus adapté, il avait été mis en place à une époque où les moyens financiers étaient faibles par rapport à une capacité de recherche du secteur scientifique indien très importante. Hors la situation semble actuellement totalement inversée puisque l'Inde fait face à une diminution du nombre de jeunes scientifiques voulant faire de la recherche alors que des moyens financiers existent. Le conseil scientifique du Premier ministre est donc arrivé à la conclusion que le financement au travers du SERC n'est plus adapté.
En décembre 2008, le Ministre pour la Science et la Technologie et pour les Sciences de la Terre, Kapil Sibal, a présenté le projet du SERB au parlement indien où le texte fut adopté. Selon le Ministre, il s'agit de : "rompre avec les contrôles bureaucratiques et mettre en place un organisme autonome et indépendant". La structure originale imaginée par le conseil scientifique auprès du Premier Ministre était une copie conforme de la NSF américaine qui est dirigée par un corps de scientifiques. Il recommandait ce type de structure afin de faire face au déclin de la recherche scientifique en Inde. La facilitation du financement de la recherche scientifique serait l'une des solutions à ce déclin.
La structure du SERB sera cependant différente de celle imaginée par le Conseil Scientifique auprès du Premier Ministre. Le SERB aura une structure composée d'un maximum de 16 membres et inclura les ministres du Département pour la Science et la Technologie (qui dirigera la Commission), du Département pour la Recherche Scientifique et Industrielle, le ministre des Sciences de la Terre, le Département pour la recherche Médicale et le Département des Dépenses pour le Ministère des Finances et d'autres représentants issus des milieux universitaires. Cette structure s'éloigne donc du modèle de la NSF américaine. Pour devancer les critiques concernant la présence importante de représentants issus ou nommés par le gouvernement, un Comité d'Experts sera nommé, celui-ci sera composé de scientifiques et d'universitaires.
Les avis sont partagés sur la mise en place en l'état du SERB. En effet le contrôle est assuré par le gouvernement et non pas par les scientifiques comme cela avait pu être envisagé. De nombreux mécanismes de contrôles ont été mis en place pour brider l'indépendance de ce nouveau comité ce qui l'éloigne très nettement du projet que le Conseil Scientifique au Premier Ministre avait voulu mettre en place.