Le couplage de molécules fluorescentes à des protéines ou des acides nucléiques (ADN ou ARN) permet de suivre leur devenir et leurs interactions in vivo ou in vitro. De même, les molécules fluorescentes sont utilisées dans le domaine des matériaux pour la détection de champs électromagnétiques, le stockage optique ou encore la traçabilité, notamment pour éviter la falsification. Pour autant, les corps fluorescents sont en majorité des molécules dont la durée de vie est fortement limitée par leur réactivité chimique. Pour la première fois, les chercheurs du laboratoire "Structure et Activité des Biomolécules Normales et Pathologiques", le SABNP (Inserm UEVE U829) du Genopole d'Evry, en collaboration avec le Centre des Matériaux de l'Ecole des Mines d'Evry, l'Université de Technologie de Belfort-Montbéliard (UTBM) et l'Institut de Physique de l'Université de Stuttgart, en Allemagne, viennent de découvrir un moyen de fabriquer à façon une grande quantité de nanoparticules fluorescentes parfaitement stables dans le temps à partir de micro-diamants industriels. Les résultats de ces travaux sont publiés dans la revue Nanotechnology du 10 juin dernier.
La production de ces nanoparticules s'effectue en deux étapes. La première consiste à rendre fluorescent des micro-diamants par irradiation électronique à haute énergie et recuit. La deuxième vise à réduire la taille des micro-diamants pour obtenir des nanoparticules calibrées, c'est-à-dire pouvant aller jusqu'à environ 4 nanomètres, sans pour autant altérer la structure cristalline ni les propriétés exceptionnelles de fluorescence du diamant. Aussi ces résultats permettent-ils désormais d'envisager la production industrielle de nanoparticules fluorescentes de taille contrôlée jusqu'à quelques nanomètres de diamètre. Véritables nano-objets, ces nanoparticules pourront alors être utilisées pour marquer de façon permanente des biomolécules ou des matériaux ou comme élément de composites pour en modifier les propriétés optiques, mécaniques ou thermiques.