Un fonds de recherche de 270 milliards de yens (2 milliards d'euros [1]) va être créé au sein de la Japan Society for the Promotion of Science (JSPS) afin de financer 30 chercheurs japonais de premier plan mondial [2]. Cette action fait partie du plan de relance économique du Gouvernement financé dans le cadre du budget supplémentaire 2009 qui a été adopté le 29 mai. Un projet de loi sur la mise en place de ce fonds est actuellement en cours d'étude au Parlement mais on constate déjà une forte concurrence entre les milieux ministériel, scientifique, industriel et politique pour le leadership dans la répartition de ce fonds.
Un appel d'offres devrait être lancé prochainement. Par la suite, un groupe de travail, composé d'une vingtaine de membres venant du Council for Science and Technology Policy (CSTP) et des milieux industriels et académiques retiendra une soixantaine de candidatures (projets de recherche). Enfin, le "Comité de soutien à la R&D la plus avancée", qui sera créé au sein du CSTP sous la présidence du Premier ministre, effectuera la sélection finale des 30 chercheurs retenus.
A titre de comparaison, le METI, qui gère deux tiers du budget national relatif à la science et à la technologie, a affecté, dans le cadre du budget initial 2009, un montant de 250 milliards de yens (1,86 milliards d'euros) aux chercheurs : 200 milliards de yens distribués dans le cadre d'appels d'offre et 50 milliards de yens octroyés à certains chercheurs en fonction de la stratégie gouvernementale. Ce chiffre est stable depuis plusieurs années. Par rapport à ce budget annuel, le fonds de 270 milliards de yens destiné à 30 chercheurs (9 milliards de yens pour chacun) est bien plus important, d'où une forte concurrence venant de différents milieux.
Ces dernières années, dans le cadre de sa politique de "sélection et concentration", le gouvernement a eu tendance à attribuer ses crédits de recherche de façon prioritaire à des domaines qui sont particulièrement prometteurs du point de vue des applications industrielles. Cela a entrainé une disparité sensible dans l'importance des budgets de recherche accordés aux laboratoires et aux projets. Un membre du Comité d'étude sur les subventions scientifiques du MEXT a exprimé sa crainte de la façon suivante : "D'un côté, beaucoup de chercheurs font des efforts quotidiens pour obtenir un budget d'un million de yens ; de l'autre côté, des sommes considérables seront attribuées à d'autres chercheurs. Cela pourrait perturber les milieux scientifiques. Il faudrait prendre en considération l'influence de ce fonds sur l'ensemble du monde scientifique".
[1] un euro vaut 135 yen à l'écriture de cette brève.