Kjetil Sagerup a récemment soutenu une thèse intitulée "POP cocktails : menaces de gueule de bois sur les oiseaux de mer ? La réponse de trois espèces d'oiseaux de mer à une exposition aux polluants organiques persistants (POP) dans la mer de Barents" pour son doctorat en biologie. Le mémoire est une collaboration entre l'Université de Tromsø / Tromsø Museum et l'Institut Polaire Norvégien. L'étude se concentre sur les dangereux effets des POP sur les défenses immunitaires de trois espèces d'oiseaux de mer de la mer de Barents : le fulmar, le goéland et le macareux.
D'une manière générale, les effets nocifs sur la réponse immunitaire sont très peu étudiés sur les animaux vivants en liberté. Les résultats d'études antérieures suggèrent que les défenses immunitaires de prédateurs marins en haut de la chaîne alimentaire peuvent être affaiblies. Les résultats de la thèse de Sagerup montrent que les toxines de l'environnement peuvent affecter les défenses immunitaires du Fulmar. Les Fulmars ont les taux de polluants les plus hauts dans l'Arctique. Les concentrations de polluants mesurées sur des poussins de goélands à Bjørnøya sont si élevées qu'ils bloquent le développement de leurs défenses immunitaires.
L'étude montre que les goélands et les macareux ne sont, eux, pas affectés par les toxines présentes dans l'environnement. L'étude n'est toutefois pas exhaustive, et des études complémentaires à plus grande échelle devront être menées avant d'arriver à des conclusions plus globales. La thèse montre également que la quantité totale de polluants mesurée dans les fulmars morts a considérablement réduit au cours des 15 dernières années. La quantité de substances dangereuses dans leur cerveau est, cependant, restée inchangée.
"Ceci signifie que les oiseaux sont en mauvais état, incapables de faire face à des toxines environnementales. Mais, même si la thèse montre le déclin des vieilles toxines classiques de l'environnement comme les Polychlorinated biphenyls (BPC) et les dichlorodiphenyltrichloroethane (DDT, un des pesticides synthétiques les plus connus au monde), il est nécessaire de suivre attentivement le développement des nouveaux polluants, comme les retardateurs de flamme bromés et les composés fluorés", déclare Sagerup.