La technologie norvégienne des satellites, qui permet de prendre des photographies par temps couvert, pourrait jouer un rôle déterminant au niveau mondial dans l'observation et la prévention des déforestations illégales.
Après une forte réduction, on observe aujourd'hui au Brésil une recrudescence des coupes. Aussi, près de 40 experts, brésiliens et norvégiens, dans le domaine de l'espace se sont rencontrés le 9 juin 2009 à Tromsø, afin de mettre en place une coopération pour la surveillance et le contrôle de la forêt primaire brésilienne qui, cette année, diminuera de 11.000 km2. Le but est d'arrêter la déforestation et, ainsi, de fixer et diminuer les émissions de CO2.
"Il y a quelques années en Amazonie, les coupes atteignaient 20.000 km2 par an. Les autorités brésiliennes ont déjà fait un grand travail et l'objectif est maintenant de descendre à 6.000 km2 d'ici 2015", indique Joâo Vianei Soares, directeur de l'Observatoire de la Terre à l'Institut National pour la Recherche Spatiale Brésilienne. Mais, les informations satellitaires font apparaître une recrudescence de l'exploitation forestière. Afin d'empêcher la déforestation, le défi réside dans les désaccords des provinces brésiliennes qui sont dépendantes des revenus forestiers et agricoles. De plus, quelque 20 millions d'habitants de la région ont besoin de nouvelles possibilités de développement.
La surveillance par satellite est la meilleure façon de surveiller la forêt tropicale, vaste et inaccessible. Le Brésil utilise déjà des informations satellitaires pour surveiller la forêt. Mais les satellites optiques dépendent de la visibilité et ne permettent pas de prendre des photos par temps couvert ou la nuit., ce que peuvent faire les satellites radars. Les milieux norvégiens de la recherche en matière d'observation satellitaire sont situés au Svalbard et à Tromsø, en collaboration avec l'Université des Sciences de la Vie à As.
"La Norvège a depuis de nombreuses années utilisé les images radars pour l'observation des pollutions pétrolières et de la pêche illégale dans les zones maritimes. La soixantaine de satellites qui sont "lus" au Svalbard permettront de contrer la déforestation au Brésil", indique Arild Josè Jensen de Kongsberg Satellite Services (KSAT). En combinant les systèmes, on peut obtenir des mises à jour rapides des images d'une qualité telle que les autorités policières peuvent intervenir plus rapidement et plus souvent.
"Cette réunion avec le Brésil, et par la suite avec d'autres pays comme la Tanzanie et la Guyane, peuvent être les premiers pas vers un système d'observation par satellites qui pourrait être utilisé par les états pour préparer des rapports fiables sur l'état de leurs forêts", indique Per-Erik Strøvseth, du Centre Spatial Norvégien.
Lors de la visite d'état des Norvégiens au Brésil en septembre 2008, un accord global de coopération a été signé pour la conservation de la forêt amazonienne, dont, entre autres, une coopération entre les milieux d'expertises en matière de surveillance des forêts et des émissions de gaz à effet de serre. La Norvège contribue à hauteur de 700 millions de NOK (environ 78,65 millions d'euros) au fond brésilien pour l'Amazonie. Cette contribution sera portée à 3 milliards de NOK (environ 337 millions d'euros) dans les prochaines années, à condition que le Brésil documente une réduction de sa déforestation. "C'est au Brésil de choisir les services qu'il veut acheter. Nous essayons seulement de mettre en contact des milieux d'experts", indique Andreas Tveteraas, conseiller au Ministère de l'Environnement.
Ce qu'il faut savoir : - La déforestation dans les pays tropicaux, tels que l'Indonésie, le Brésil, le Cameroun, la République Démocratique du Congo, le Ghana, la Bolivie, la Nouvelle-Guinée Papouasie et la Malaisie, compte pour environ 20% des émissions de CO2 d'origine humaine. - 30% des forêts primaires se trouvent sur le territoire brésilien. Elles hébergent 20 millions d'individus, 220 groupes indigènes et une large diversité biologique. - En mars 2004, les autorités brésiliennes ont mis en place un "plan d'actions pour empêcher et contrôler la déforestation de l'Amazonie", et ont développé l'un des systèmes les plus avancés de surveillance par satellites de la forêt primaire. - DETER fournit un état de la déforestation chaque semaine. C'est un système d'alarme qui donne la possibilité d'intervenir contre les illégalités. - PRODES décèle des coupes de 6,5 hectares mais exige plus de temps d'analyse et d'interprétation. - La déforestation est passée de 27.000 km2 en 2003-2004 à 11.000 km2 en 2006-2007, mais est de nouveau en très sérieuse augmentation.
Annick Le Gal, Centre Culturel et de Coopération Linguistique - alegal@france.no (avec la collaboration de Stéphanie Fleur, Ambassade de France en Norvège)
Origine :
BE Norvège numéro 88 (1/07/2009) - Ambassade de France en Norvège / ADIT - http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/59761.htm