Industrie et urbanisation galopante sont en train d'empiéter sur les terres arables. Pour nourrir sa population, la Chine doit désormais trouver les moyens de conserver suffisamment de terres cultivables. Le pays est déjà proche de sa "ligne rouge" de 1,8 milliards de mu (120 millions d'hectares) de terres arables nécessaires pour se nourrir. D'après Lu Xinshe, du Ministère des Terres et des Ressources, ce chiffre était en 2008 de 1,826 milliards de mu.
"La Chine étant dans sa période d'industrialisation et d'urbanisation, une certaine aliénation des terres arables est inévitable" a déclaré Lu. Avec le lancement d'un plan économique de 4 milliards de yuans (450 millions d'euros) visant à stimuler la demande intérieure, le Ministère des Terres et des Ressources est confronté à de nombreux défis dans la protection des terres agricoles. Réglementairement, chaque parcelle de terre arable utilisée pour des logements ou des projets industriels est censée être remplacée par un équivalent de terrain libéré par la consolidation de petites parcelles ou la reprise d'anciennes installations industrielles. "Chaque année, environ 4 millions de mu de terres retournent ainsi à l'agriculture. Afin de protéger notre ligne rouge de 1,8 milliards de mu de terres arables, nous ne lancerons pas de grands projets pour rendre les terres agricoles à leur état naturel, en dehors de ceux déjà prévus" a déclaré Lu lors d'une conférence de presse.
Le ministère doit s'assurer que les constructions d'usines ou de bureaux sont bien légales et que les agriculteurs forcés de quitter leurs terres reçoivent bien une compensation financière. D'après Liu Xiahui, chercheur à l'institut de recherche économique de l'Académie Chinoise des Sciences Sociales, la protection des sols et le développement économique sont des questions controversées pour les dirigeants, ajoutant que des incitations doivent être mises en place, pour compenser les pertes économiques liées à la protection des terres. L'année passée, plus de 60.000 cas d'utilisation illégales des terres ont été signalées d'après les statistiques du ministère.
Commentaires : la fin de la déclaration de M Lu fait allusion au retour de terres cultivées à l'état naturel : il s'agit de l'abandon de terres très peu productives qui avaient été mises en culture de façon très optimiste mais qui n'ont jamais donné de rendements acceptables et dont la mise en culture aboutissait à terme à la dégradation des sols voire à un risque de désertification. Certaines de ces terres sont remises sous couvert forestier, ce qui protège les sols et leur redonne un rôle positif dans les équilibres naturels du pays. Il faut rappeler d'autre part que les Chinois ne comptent pas les prairies ni les vergers (ces derniers sont comptabilisés dans les espaces forestiers) dans les terres cultivables.