Environ 15% des personnes diabétiques souffrent d'ulcères de la jambe au cours de leur vie et dans un cas sur quatre une amputation sera nécessaire.
La cicatrisation normale d'une plaie comporte quatre étapes - hémostase, inflammation, formation tissulaire et remodelage des tissus. Dans le cas de plaies chroniques, le processus de cicatrisation est perturbé par différents facteurs. L'hypoxie cellulaire, c'est-à-dire un déficit en oxygène prolongé au niveau des tissus serait une des causes responsables des lésions chroniques. La thérapie par oxygène hyperbare qui consiste à traiter la plaie avec de l'oxygène pur à 100%, à une pression atmosphérique supérieure à 1 atmosphère, a été recommandée pour le traitement de ce type de lésion. Cependant en l'absence d'une évaluation rigoureuse des mécanismes conduisant à une meilleure cicatrisation, les protocoles d'utilisation de cette technique sont mal définis.
Des chercheurs australiens et britanniques ont développé un modèle mathématique afin d'évaluer l'usage de la thérapie par oxygène hyperbare en conjonction avec un autre traitement. Les calculs indiquent d'une part que l'usage intermittent de l'oxygène hyperbare accélère la cicatrisation normale alors que celui d'oxygène à pression atmosphérique reste inefficace et, d'autre part que le traitement devrait être poursuivi jusqu'à une cicatrisation complète. La méthode ne conduirait à aucune amélioration dans les cas suivants: - de patients présentant une insuffisance artérielle des membres inférieurs; - d'une consommation d'oxygène élevée de la plaie causée par une prolifération bactérienne; - de lésions très hypoxiques; - d'une réponse inflammatoire dysfonctionnelle.
Un protocole d'utilisation prenant en compte les résultats de cette étude devrait améliorer l'efficacité et le coût de la thérapie par oxygène hyperbare pour le traitement des plaies chroniques.