Un nouveau vaccin thérapeutique nommé p17, destiné à ralentir la diffusion du virus du Sida dans le corps des personnes déjà infectées par celui-ci, a été présenté à l'Université de Calabre, vendredi 4 septembre. Deux pontes de la médecine internationale l'ont présenté et ont fait le point sur les nouvelles modalités de contrôle de la reproduction virale : Pr. Robert Gallo, virologue américain renommé, d'origine calabraise, qui a consacré une grande partie de son activité scientifique à l'étude du Sida et Pr. Arnaldo Caruso (originaire de Cosenza), professeur titulaire en Microbiologie à l'Université de Brescia qui a coordonné cette activité de recherche innovante, entièrement menée en Italie, avec l'appui de Medestea et Production Research de Turin et le soutien de la Fondation Cassa di Risparmio de Pérouse.
Pour mieux comprendre sur quoi se base cette thérapie innovante, il est nécessaire de bien comprendre le rôle joué par la protéine p17 dans la diffusion virale. D'après les propos de Caruso, "La protéine est délivrée par les cellules infectées, promouvant la prolifération du virus et sa diffusion à l'intérieur de l'organisme. Le virus, après s'être lié à la cellule cible et y avoir pénétré, commence à se multiplier et la cellule infectée produit de grandes quantités de protéines virales qui, en partie, iront former de nouveaux virus et pour le reste, seront relâchées dans l'environnement extracellulaire. La p17 est l'une d'entre elles : en interagissant avec une molécule présente sur la superficie d'autres cellules cibles du virus, elle les active, les rendant plus susceptibles d'être infectées, et les prédispose à soutenir une reproduction virale optimale". C'est de cette observation qu'est née l'hypothèse de travail de la recherche en question : "Si cette protéine venait à manquer, le virus trouverait un nombre nettement inférieur de cellules actives et donc capables de soutenir la reproduction de celui-ci".
En fait, la protéine p17 comporte un site actif très spécifique, qui n'est pas reconnu comme immunogène par le système immunitaire et qui donc, ne provoque pas la production d'anticorps. La vaccination vise dès lors à introduire dans l'organisme des personnes séropositives seulement le site actif de la p17, rendue immunogène, c'est-à-dire en mesure de déclencher la formation d'anticorps spécifiques. La présence de ces derniers, dirigés contre le site actif de la p17 permettra alors de bloquer l'activité biologique de cette protéine.
L'objectif final de cette vaccination consisterait donc à ralentir considérablement la capacité du virus à se reproduire, en limitant peu à peu le nombre de cellules potentiellement attaquables, et donc à terme, à parvenir à une cohabitation de notre organisme avec le virus du Sida, faisant de la personne séropositive un porteur sain du virus.
Le feu vert pour lancer la première phase clinique, qui consiste à vérifier l'immunogénicité et la sécurité du vaccin, a été donné par l'Institut Supérieur de la Santé, après que la substance a réussi à surmonter les études en laboratoire, pendant la phase pré clinique, se révélant non toxique et efficace. Cette phase se déroulera au sein de l'Institut des Maladies Infectieuses de l'Université de Pérouse, dirigé par Franco Baldelli qui coordonnera la recherche et dans trois autres centres : Milan, Turin et Brescia. Cette première étape qui durera environ un an pourrait commencer avant la fin de l'année 2009. En cas de résultats positifs, on procèdera à la seconde phase d'expérimentation, visant à évaluer l'efficacité du vaccin sur l'Homme.