Le système d'alerte pré-sismique présenté dans le BE Taiwan 24 [1] a fait l'objet de développements et a abouti à un petit prototype d'appareil d'alerte précoce, présenté par le Professeur WU Yih-Min, du Département de géosciences de l'Université nationale de Taiwan. Cet appareil dont les dimensions sont d'un tiers celles d'un ordinateur portable se fixe sur un mur ou peut-être intégré dans un ascenseur.
Le système se base sur la différence de vitesse de propagation entre les ondes verticales et les ondes horizontales, issues d'un tremblement de Terre (voir BE n°24 [1]). Il permet de prévoir l'apparition des secousses de dix à trente secondes avant leur occurrence. Ces quelques secondes permettraient aux habitants de se protéger et pourraient ainsi diminuer les pertes humaines liées aux tremblements de Terre. De plus, combiné au système de gestion des ascenseurs, ce système pourrait stopper les ascenseurs et lancer l'évacuation des utilisateurs avant l'arrivée des premières secousses. Enfin, la mobilisation rapide des secours pourrait être optimisée grâce à une connexion avec ce système d'alerte.
La production de cet appareil dont le prix se situerait entre 10.000 et 30.000 dollars taiwanais, soit entre 400 et 700 euros, pourrait débuter l'année prochaine.
L'importance de ces travaux sur les ondes sismiques et l'alerte précoce de la population a notamment été soulignée lors de la conférence internationale [2] commémorant le 10ème anniversaire du tremblement de Terre de Chi-Chi le 21 septembre 1999, qui s'est tenu en septembre dernier à Taipei. Ce tremblement de Terre avait causé la mort d'environ 2 400 personnes et 10.000 blessés. Le coût total du séisme s'est élevé à 10 milliards de dollars soit 3% du PIB de l'île. La conférence internationale organisée par le Centre national de réduction des désastres naturels de Taiwan, s'est tenue à Taipei du 17 au 21 septembre, réunissant des spécialistes du monde entier, dont Stéphane Cartier, chercheur au Laboratoire de géophysique interne et tectonophysique (LGIT) du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) à Grenoble.
En outre, Stéphane Cartier a participé à un séminaire organisé par l'Antenne de Taipei du Centres d'études français sur la Chine contemporaine sur le thème "Risque sismique, dilemme des informations et politiques locales" [3].