L'Institut Leibniz pour les sciences marines de Kiel (IFM-GEOMAR) en partenariat avec l'Institut pour la recherche sur la troposphère (IfT) vient de développer, dans le cadre du projet OCEANET [1], une station de mesure mobile afin de réaliser des relevés atmosphériques sur l'océan.
Les mers influencent fortement l'état de l'atmosphère. L'ensemble des océans représente une formidable masse d'eau qui interagit avec l'atmosphère. Il existe paradoxalement peu de sites permettant de mesurer localement ces interactions. "Les océans sont pour nous un 'désert de données'", déclare le Prof. Dr. Andreas Macke, météorologue à l'IFM-GEOMAR et chef du projet OCEANET. "Jusqu'à présent, nous avons dû faire des mesures isolées avec les navires de recherche", explique le professeur Macke. "Les données obtenues par satellites sont très utiles, mais pas toujours de bonne qualité", poursuit-il.
Longue de 7 mètres sur 2,5 mètres de large, la nouvelle station mobile de mesures atmosphériques OCEANET est le fruit de la coopération de l'IFM-GEOMAR et de l'IfT. D'un coût estimée à environ 450.000 euros, la station est parfaitement équipée pour des travaux de recherche mobiles et elle embarque de nombreux instruments sophistiqués. L'OCEANET peut ainsi mesurer chaque seconde des paramètres atmosphériques tels que le contenu en eau liquide [2], le type de nuages ou encore les flux d'énergie entre l'océan et l'atmosphère. En mesurant la poussière atmosphérique jusqu'à une altitude de 20 kilomètres, un Lidar [3] pourra établir un profil vertical de l'atmosphère tandis qu'un anémomètre évaluera la force du vent. Les données seront directement envoyées à Kiel par satellite.
Avec la station OCEANET, les scientifiques allemands se placent à la pointe de la recherche atmosphérique. La seule autre station mobile de ce genre est détenue par la Nasa américaine. Il s'agit cependant d'une station terrestre. Embarquée à bord du navire de recherche allemand Polarstern le 16 octobre prochain, la station OCEANET effectuera sa première mission depuis Punta Arenas (Sud du Chili) jusque dans l'océan Antarctique ; elle reviendra ensuite à Bremerhaven en Allemagne. OCEANET aura ainsi pu parcourir toutes les zones climatiques de la planète, depuis les régions polaires jusqu'aux tropiques. Quatre scientifiques accompagneront la station. Si tout fonctionne comme prévu, OCEANET pourra se déplacer de façon autonome sur toutes les mers du globe. Dans le futur, plusieurs autres stations identiques à OCEANET devraient circuler sur les océans de la planète et ainsi contribuer à développer de nouveaux systèmes météorologiques et à améliorer les prévisions météorologiques.
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[1] OCEANET est un projet pilote commun entre l'IFM-GEOMAR, l'Institut allemand Alfred Wegener de recherche polaire et marine (AWI) et le Centre de recherche Helmholtz de Geesthacht (GKSS). Le projet vise à développer des plates-formes de mesure autonomes afin de déterminer la masse et l'échange d'énergie entre l'océan et l'atmosphère. OCEANET a été soutenu à hauteur de 1,2 million d'euros par le Pacte pour la recherche et l'innovation pour la période 2008-2010.
[2] Le contenu en eau liquide représente la quantité d'eau liquide condensée présente dans un mètre cube d'air humide (nuageux en général). Il s'exprime en grammes par mètre cube.