L'énergie ayant pour origines le soleil, le vent, la biomasse, l'eau et la géothermie pourrait couvrir d'ici 2050 plus de la moitié des besoins énergétiques de l'Allemagne. L'Allemagne pourrait réduire ses émissions de gaz à effet de serre (GES) d'environ 20% par rapport à celles de 1990, à condition que les énergies renouvelables (EnR) continuent à se développer et que l'énergie produite soit utilisée de manière plus efficace. C'est le résultat auquel est parvenu le "scénario de conduite 2009" établi par le Centre allemand de recherche aérospatiale (DLR) en coopération avec le Bureau d'études des énergies renouvelables (IfnE) dans le cadre d'un projet de recherche en cours pour le compte du Ministère fédéral de l'environnement (BMU).
En quelques années, les EnR sont devenues un pilier essentiel de la production énergétique allemande : leur part a atteint, en 2008, 14,8% de la consommation d'électricité brute et 9,5% de la consommation totale d'énergie finale. Le scénario de conduite 2009 montre que la dynamique du développement des EnR pourrait même être supérieure aux prédictions précédentes. En 2020, selon le scénario, la contribution des EnR dans la consommation d'électricité brute pourrait atteindre 35% et leur part dans la consommation d'énergie finale 20%. Ainsi l'Allemagne pourrait aussi atteindre les objectifs inscrits dans la loi des EnR (EEG, [1]) et dans la ligne d'action actuelle de l'Union Européenne. D'ici 2050, la contribution des EnR pourrait dépasser les 50% du marché énergétique. Le secteur électrique devrait se rapprocher de la neutralité climatique grâce à une part de 84% d'EnR. Les EnR devraient également approcher 50% de l'approvisionnement en chaleur et 30% des carburants.
Un développement net de la cogénération et une augmentation conséquente de l'efficacité énergétique dans tous les domaines d'utilisation devraient aussi contribuer à la réduction des GES. Sous ces conditions, la consommation d'énergie primaire de l'Allemagne pourrait chuter à 83% de sa valeur actuelle d'ici 2020 et à 58% d'ici 2050. La consommation électrique devrait également chuter de 10% d'ici 2020. Les EnR pourraient ainsi à cette époque, selon le scénario, compenser la réduction progressive de l'électricité produite par les centrales nucléaires.
Les EnR ne pourront néanmoins pas remplacer totalement les carburants fossiles dans le secteur des transports. Sous la condition d'une utilisation significativement plus importante de carburants, l'utilisation renforcée de biocarburants constitue une stratégie de transition appropriée. A long terme, des véhicules électriques fonctionnant à l'électricité verte et à l'hydrogène, produit à partir d'électricité respectueuse de l'environnement, assureront une mobilité compatible avec la protection du climat.
Le développement à plus grande échelle des EnR proposé dans le scénario de conduite 2009 devrait occasionner des bénéfices croissants sur le plan économique [2]. Le marché intérieur serait stable avec des investissements d'environ 15 milliards d'euros. Entre 2009 et 2020, le montant total des investissements dans des installations de production d'électricité et de chaleur renouvelable devrait s'élever à 175 milliards d'euros. Ce développement devrait assurer aux entreprises allemandes le leadership technologique dans nombre de technologies et contribuerait ainsi à la croissance du marché d'exportation.
Les scientifiques ayant participé à l'étude de l'Institut DLR de thermodynamique technique ont élaboré et évalué pendant plus de 30 ans des concepts d'approvisionnement énergétique durable sur la base d'analyses technologiques et de modèles de calculs au moyen de scénarios. Ils analysent l'approvisionnement énergétique du futur pour le compte du gouvernement fédéral, de différents gouvernements des Lander, de la Commission européenne et d'autres mandants. Des enquêtes de scénarios de conduite du BMU sont réalisées depuis 2003 par le DLR.
- [1] Site intégralement consacré à la loi EEG (et créé par le BWE, association allemande de l'énergie éolienne) : http://www.eeg-aktuell.de - [2] Les énergies renouvelables affrontent la crise économique, BE Allemagne 430 - http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/58498.htm - 01/04/2009 - Scénario de conduite 2009 du BMU : http://redirectix.bulletins-electroniques.com/FnmWf - Dorothee Bürkle, communication, Centre allemand de recherche aérospatiale (DLR) - tél : +49 220 360 13492, fax : +49 220 360 13249 - Dr.-Ing. Joachim Nitsch, Institut de thermodynamique technique, analyse des systèmes et évaluation technique - DLR - tél : +49 711 686 2483, fax : +49 711 686 2747 - Prof. Dr. Dr.-Ing. (habil.) Hans Müller-Steinhagen, Directeur de l'Institut de thermodynamique technique, DLR - tél : +49 711 686 2 358, fax : +49 711 686 2712