"Le marché des cuiseurs à riz est très important, en particulier en Asie. Il est dominé aujourd'hui par le plus disant technologique. Or il reste à comprendre quelle est l'influence de tous les paramètres de cuisson, que les appareils actuellement disponibles sur le marché permettent de maîtriser, sur les qualités organoleptiques et nutritionnelles du riz", résume Philippe Crevoisier, directeur général "cuisson électrique" du groupe SEB. A terme, ces connaissances devraient permettre au groupe leader du marché du petit électroménager de concevoir un nouvelle gamme de cuiseurs à riz qui répondent mieux à la demande des consommateurs en termes de nutrition et de santé. "Notre souhait est de parvenir à nous implanter sur cet important marché en proposant un cuiseur à riz paramétré de manière à ce que le consommateur, quel qu'il soit, puisse retrouver dans son assiette les propriétés organoleptiques et nutritionnelles optimales pour un type de riz et un pays donnée", déclare-t-il.
C'est dans ce contexte que SEB a lancé le projet NUTRICE qui, après avoir été co-labellisé par trois pôle de compétitivité - VITAGORA, Q@ALIMED, NUTRITION SANTE LONGEVITE (NSL) - a été retenu dans le cadre du 8ème appel à projets du Fonds Unique Interministériel (FUI). Huit partenaires, dont quatre acteurs de la recherche [1], deux groupes industriels (SEB, LESAFFRE) et deux PME (NEXIDIA, SENSINA), sont impliqués dans ce projet dont la durée est de 36 mois. Celui-ci s'articulera autour de trois axes : procédés de cuisson avec et sans apport extrinsèque, sensoriel et pré-clinique. Pour l'essentiel, le travail qui sera réalisé portera sur le riz qui, rappelons-le, est la deuxième céréale produite en volume et constitue la base alimentaire d'environ la moitié de l'humanité, sa consommation ayant augmenté de 40% au cours de ces 30 dernières années. "Ce que nous souhaitons caractériser, c'est principalement ce qui se trouve dans l'assiette", précise le directeur général de SEB.
Spécialisé dans la caractérisation et la maîtrise des procédés de transformation du riz, le LBS mènera des travaux in vivo et in vitro avec pour objectif de caractériser et de mettre en évidence les marqueurs biologiques caractéristiques des bénéfices liés à une cuisson du riz. De leur côté, LESAFFRE, connu pour la fabrication de levures de panification, et NEXIDIA, spécialiste en microbiologie, travailleront sur des voies novatrices de préparation de cette céréale. Quant à SEB et au CIRAD, il s'agira pour eux d'explorer les paramètres de cuisson et leurs influences sur les qualités nutritionnelles et organoleptiques des rations, l'objectif des chercheurs du CIRAD étant de faire le parallèle entre les goûts sensoriels des populations ciblées, les modes de cuisson et les mesures instrumentales de texture. Pour sa part, une jeune entreprise dijonnaise spécialisée en analyse sensorielle, SENSINA, aura pour tâche de réaliser des tests consommateurs dans trois pays, la Corée du Sud, le Japon et la France, et de faire évaluer les produits qui seront mis à disposition par le groupe SEB. Enfin, c'est au CHU de Montpellier que l'impact positif des nouveaux procédés et de la biodisponibilité des nutriments sera validé sur des modèles animaux, plus particulièrement des hamsters, et des cellules intestinales, "ce qui est nouveau dans ce type de projet", souligne Philippe Crevoisier, d'autant plus enthousiaste qu'il s'agit pour le groupe du second projet "labellisé FUI", après SAVEURS VAPEURS, retenu en mars dernier.
[1] Les quatre acteurs : - Laboratoire de Biologie des Semences (LBS), Unité Mixte de Recherche INRA/AgroParisTech - Centre Européen des Sciences du Goût (CESG), Unité Mixte de recherche CNRS/Université de Bourgogne/INRA - CIRAD - Centre Hospitalier Universitaire (CHU) de Montpellier