Pour la première fois en Afrique du Sud, une équipe de chercheurs du CSIR (Center for Scientific and Industrial Research) et de l'Université de Technologie de Tshwane (TUT) a analysé les teneurs en métaux lourds (manganèse et plomb) des lichens prélevés sur les arbres de quatre localisations de la zone urbaine de Pretoria (Centre ville, la banlieue chic de Lynwood, le jardin botanique et le campus du CSIR localisés à la périphérie de la ville).
Cette étude préliminaire avait pour objectif de vérifier la possibilité d'utiliser les lichens comme indicateurs biologiques de la pollution en métaux lourds (manganèse et plomb) de l'atmosphère de Pretoria. En effet, à partir de 2003, en Afrique du Sud, le méthylcyclopentadiényl manganèse tricarbonyle (MMT) un additif à base de manganèse a remplacé les additifs à base de plomb utilisés auparavant dans les carburants afin d'en augmenter l'indice d'octane.
Cette première étude n'a pas révélé de différence significative pour les teneurs de manganèse, dans les lichens selon les différentes localisations de la ville. Il semble que les teneurs importantes de manganèse des sols et sous sols de la région masquent les effets des rejets des pots d'échappement. Par contre, les analyses de teneur en plomb des lichens montrent des taux significativement plus importants sur les sites à forte circulation automobile (centre ville, bordure d'autoroute) révélant après plusieurs années l'impact de l'usage de carburants enrichis en plomb sur l'environnement des villes.
Cette première étude jette les bases de futures recherches visant d'une part à évaluer sur le long terme la diminution de teneur en plomb des lichens et l'éventuel effet de l'utilisation du manganèse dans le carburant sur la pollution de l'atmosphère à proximité des axes de grande circulation automobile.