Les recherches sur les membranes ont fait travailler, à Montpellier ou à Bucarest, plus de soixante chercheurs et enseignant-chercheurs durant les vingt dernières années. Les projets internationaux ont été nombreux, pour les plus importants nous pouvons citer le projet européen INCO-Copernicus (1998-2001) "Le recyclage des métaux lourds et des molécules organiques d'intérêt biologique par des systèmes membranaires innovateurs" avec 6 partenaires européens, la mise en place (avec le M.A.E. et l'Ambassade de France à Bucarest) du Module d'enseignement français "Procédés à Membrane dans la Protection de l'Environnement" (1996-2001) ou le Programme Brancusi "Ingénierie des Matériaux Adaptatifs pour Membranes et Biocapteurs" - Université Politehnica de Bucarest, Faculté de Chimie Industrielle avec l'Institut Européen des Membranes - IEM de Montpellier [1].
Le succès de cette coopération est loin d'être le fruit du hasard. Durant des années les Professeurs Louis Cot, André Ayral, Mihail Barboiu (Montpellier) ou Georgeta Popescu, Gheorghe Nechifor et Constantin Luca (Bucarest) ont fortement contribué au développement des thématiques diverses autour de la science des membranes.
Aujourd'hui une des équipes de l'Institut Européen des Membranes (IEM) de Montpellier "Nanosystèmes Supramoléculaires Adaptatifs" est dirigée par le Dr. M. Barboiu. Ce chimiste roumain a intégré le CNRS en proposant un projet de recherche global avec pour idée de base de s'inspirer des membranes biologiques afin de mieux les connaître. Cette trame fondamentale a régulièrement aboutie à la découverte de matériaux aux propriétés innovantes et aux applications aussi imprévisibles que diverses. La preuve par les dépôts de brevets : l'équipe de M. Barboiu a mis au point un matériau dix fois plus conducteur que les membranes utilisées actuellement dans les piles à combustible.
Deux brevets ont également été déposés pour des matériaux qui permettent la séparation du CO2. De plus, le travail sur des systèmes dynamiques biomimétiques de type canaux ioniques ou récepteurs enzymatiques, réalisé la plupart du temps en coopération avec de jeunes doctorants roumains (Dr. Adinela Cazacu, Dr. Andreea Banu, Dr. Florina Dumitru, Dr. Anca Meffre) ont largement ouvert la voie à de nouvelles collaborations en Roumanie avec l'Institut P. Poni de Iasi (Prof. Bogdan Simionescu) ou le Centre de Chimie Organique de Bucarest (Dr. Calin Deleanu).
Tous ces travaux ont été primés par le prix European Young Investigator Award -EURYI par la European Science Foundation et les Directions EUROHORCs, dont le CNRS [2]. La Société Roumaine de Chimie ou l'Académie Roumaine ont aussi été primées pour ces activités à vocation interdisciplinaire.
Lors d'une visite dans le laboratoire montpelliérain on ne peut manquer les photos des professeurs qui ont inspiré ces travaux comme Constantin Luca, Georgeta Popescu, Louis Cot. Il n'y a pas de doute, les nouveaux arrivants marchent bien dans les pas de leurs mentors. En 2010, la Société Européenne des Membranes - EMS a décidé de célébrer les 20 ans d'aventure scientifique, témoignant de la reconnaissance de tous ces chercheurs européens qui communiquent leur passion dans la science des membranes.