L'instrument japonais SMILES (Superconducting Submillimeter-Wave Limb Emission Sounder) transporté vers la Station Spatiale Internationale (ISS) au mois de septembre 2009 vient de réaliser sa première mesure, selon un communiqué de l'agence spatiale japonaise (JAXA) du 19 octobre 2009. Le sondeur sub-millimétrique SMILES avait été emporté vers l'ISS à bord du premier cargo ravitailleur HTV lancé le 11 septembre. Il avait ensuite été accroché à la plateforme extérieure du module japonais Kibo. Il servira à observer la distribution verticale de certaines molécules (observation de l'ozone, de HCl, de ClO, H2O, H2O2, HOCl, BrO, HNO3, SO2) présentes dans la stratosphère et la mésosphère, entre 10 et 80 km d'altitude et dans la bande 624-650 GHz.
Le capteur SMILES est positionné de manière à observer le limbe de la Terre (observation vers l'horizon de la planète). Son avantage réside dans l'utilisation de mélangeurs électroniques supraconducteurs (en environnement cryogénique à 4 Kelvin, soit -269 degrés Celsius). L'instrument a été fabriqué par l'industriel Sumitomo Heavy Industries, un spécialiste nippon des technologies cryogéniques avancées. En phase d'opération normale, SMILES réalisera environ 100 scans verticaux par rotation de la Station autour de la Terre. Le projet SMILES est une collaboration entre la JAXA et le NICT (National Institute of Information and Communication Technnology). Ce projet avait été proposé en 1996 par une équipe du CRL et de la NASDA, les anciennes appellations du NICT et de la JAXA. L'observation du phénomène de diminution de la couche d'ozone était alors au centre des préoccupations, mais celles-ci ont été depuis surpassées par la question du réchauffement climatique (pour laquelle SMILES n'est pas adapté). Le Professeur SHIOTANI, de l'Université de Kyoto, se félicite cependant que SMILES soit finalement lancé sur la Station, 13 ans après le début du projet. Selon lui, l'étude de la haute atmosphère au Japon devrait connaître ainsi un nouveau départ.
L'image ci-dessous montre une observation réalisée le 12 octobre pour une mesure de la concentration d'ozone à 28 km d'altitude (échelle : partie par million). Elle permet de constater une concentration élevée autour de la région équatoriale. La JAXA n'a cependant pas terminé les opérations de calibration de l'instrument et de validation des données, et devrait y consacrer les six prochains mois.